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Bernard PECCABIN
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IL Y A 100 ANS … LUCIEN PETIT-BRETON S'INSTALLAIT A PERIGUEUX
1908-2008, voilà un siècle de passé, soit le moment venu pour la Dordogne Cycliste de fêter un centenaire, celui de l'arrivée d'un célèbre coureur dans sa capitale. Lucien Mazan dit Petit-Breton. Il est venu à Périgueux quelques temps à peine après son doublé au Tour de France, pour s'installer et continuer sa vie… Retour sur son passage et sur les balbutiements de la discipline en Périgord…
A - HISTOIRE DU CYCLISME A PERIGUEUX AVANT PETIT-BRETON
I - LES PREMIERS PAS DU CYCLISME A PERIGUEUX (1885-1900)
- L'Union Vélocipédique Française (devenue aujourd'hui FFC) est née le 6 février 1881(1). C'est notamment dans notre Sud-Ouest, qu'elle prit une bonne partie de son essor. Essor que l'on doit au marquis Iriart d'Etchepare qui fit de cette Union une puissance, ceci à compter de 1892. Son bulletin officiel, "Le Véloce Sport" prit lui son essor en décembre 1890. Et c'est à la suite de toutes ces initiatives, que dès 1894 on décomptait 230 sociétés affiliées, 15700 membres dont 7075 individuels. Pour développer les épreuves, des chefs consuls étaient mis en place. Et c'est au comte Félix de Fayolle que le titre de chef consul revint à Périgueux. Ce personnage actif avait déjà fondé le Véloce Club Périgourdin le 23 juillet 1886 avec l'aide de Louis Didon. Le siège se trouvait place du 4 septembre à Périgueux. Les premières courses de vitesse en Dordogne se sont déroulées autour des allées Tourny où des virages relevés étaient momentanément installés et où toutes les gloires de l'époque avaient évolué, dont Paul Bourillon, le Champion de France originaire de Marmande, qui fut l'attraction et la vedette en 1894.
(1) En 1883, le sud-ouest est à l'honneur avec Agen qui reçut un des premiers congrès de l'UVF, union née depuis le 6 février 1881 et dont la FFC est aujourd'hui l'héritière. C'est le Sport Vélocipédique Agenais, fondé lui en 1877, (ancêtre du Guidon Agenais), qui fut un des premiers clubs de l'Aquitaine à se réunir sous la bannière de l'UVF. Parmi les autres clubs de Guyenne, au nombre de cinq, figuraient le Véloce Club Bordelais, le Vélo Club Béarnais, l'Union Vélocipédique du Lot-et-Garonne, le Vélo Club Réolais et le Sport Vélocipédique Agenais qui sont tous à nos yeux les clubs doyens de notre région, du moins pour ceux qui survivent, comme par exemple aujourd'hui le club de La Réole et par interférence, celui du Guidon Agenais.
I - LES PREMIERS PAS DU CYCLISME A PERIGUEUX (1885-1900)
- L'Union Vélocipédique Française (devenue aujourd'hui FFC) est née le 6 février 1881(1). C'est notamment dans notre Sud-Ouest, qu'elle prit une bonne partie de son essor. Essor que l'on doit au marquis Iriart d'Etchepare qui fit de cette Union une puissance, ceci à compter de 1892. Son bulletin officiel, "Le Véloce Sport" prit lui son essor en décembre 1890. Et c'est à la suite de toutes ces initiatives, que dès 1894 on décomptait 230 sociétés affiliées, 15700 membres dont 7075 individuels. Pour développer les épreuves, des chefs consuls étaient mis en place. Et c'est au comte Félix de Fayolle que le titre de chef consul revint à Périgueux. Ce personnage actif avait déjà fondé le Véloce Club Périgourdin le 23 juillet 1886 avec l'aide de Louis Didon. Le siège se trouvait place du 4 septembre à Périgueux. Les premières courses de vitesse en Dordogne se sont déroulées autour des allées Tourny où des virages relevés étaient momentanément installés et où toutes les gloires de l'époque avaient évolué, dont Paul Bourillon, le Champion de France originaire de Marmande, qui fut l'attraction et la vedette en 1894.
(1) En 1883, le sud-ouest est à l'honneur avec Agen qui reçut un des premiers congrès de l'UVF, union née depuis le 6 février 1881 et dont la FFC est aujourd'hui l'héritière. C'est le Sport Vélocipédique Agenais, fondé lui en 1877, (ancêtre du Guidon Agenais), qui fut un des premiers clubs de l'Aquitaine à se réunir sous la bannière de l'UVF. Parmi les autres clubs de Guyenne, au nombre de cinq, figuraient le Véloce Club Bordelais, le Vélo Club Béarnais, l'Union Vélocipédique du Lot-et-Garonne, le Vélo Club Réolais et le Sport Vélocipédique Agenais qui sont tous à nos yeux les clubs doyens de notre région, du moins pour ceux qui survivent, comme par exemple aujourd'hui le club de La Réole et par interférence, celui du Guidon Agenais.
L'époque Héroïque
- Comme le temps présent nous laisse quelque peu insatisfait, il m'est agréable d'ouvrir le dossier poussiéreux et de remettre en lumière les faits anciens qui ne vieillissent pas à la mémoire de quelques uns qui se sont souvenus, mais qui ne sont plus aujourd'hui de ce monde. Des images que l'œil ne se lasse pas de contempler, chez ceux qui les découvrent ou qui vont les découvrir.
- Ces images remontent loin, certes. Les origines du cyclisme périgourdin datent on l'a vu à 1886, pour prendre corps ensuite dans les archives en 1900. C'est à l'évocation de certains noms comme celui de Petit Breton qu'elles s'éveillent ! A une époque où le vélo Périgourdin était dans le peloton de tête !
- Il faut reconnaître que sa venue à Périgueux a largement diffusé le sport cycliste. Mais diffusé seulement. Les créateurs, les pionniers, pourrait-on dire, étaient déjà passés par là, comme on vient de le lire précédemment ci-dessus. Par la suite, Petit Breton(2) donna vie au Cyclo-Club, qui a ensuite porté haut et ferme le fanion bleu et rouge que le grand champion lui avait confié. La popularité du vélo dans ces années-là est d'une nature difficilement descriptible pour les supporters modernes tournés de préférence vers le foot et le rugby.
(2) Voir biographie et palmarès de Petit-Breton sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Petit-Breton
- Aristocratique et gouailleuse, bon enfant et délirante, la bicyclette devait tout cela à ses origines métissées de riches oisifs, d'aventuriers de bonne famille et de fous enthousiastes. Finalement c'est au monde de l'aviation que le vélo ressemblait le plus. On pourrait parler de ces merveilleux fous… roulants sur leurs drôles de machines…
Photo : Coureurs du Véloce-Club en 1892
- Comme le temps présent nous laisse quelque peu insatisfait, il m'est agréable d'ouvrir le dossier poussiéreux et de remettre en lumière les faits anciens qui ne vieillissent pas à la mémoire de quelques uns qui se sont souvenus, mais qui ne sont plus aujourd'hui de ce monde. Des images que l'œil ne se lasse pas de contempler, chez ceux qui les découvrent ou qui vont les découvrir.
- Ces images remontent loin, certes. Les origines du cyclisme périgourdin datent on l'a vu à 1886, pour prendre corps ensuite dans les archives en 1900. C'est à l'évocation de certains noms comme celui de Petit Breton qu'elles s'éveillent ! A une époque où le vélo Périgourdin était dans le peloton de tête !
- Il faut reconnaître que sa venue à Périgueux a largement diffusé le sport cycliste. Mais diffusé seulement. Les créateurs, les pionniers, pourrait-on dire, étaient déjà passés par là, comme on vient de le lire précédemment ci-dessus. Par la suite, Petit Breton(2) donna vie au Cyclo-Club, qui a ensuite porté haut et ferme le fanion bleu et rouge que le grand champion lui avait confié. La popularité du vélo dans ces années-là est d'une nature difficilement descriptible pour les supporters modernes tournés de préférence vers le foot et le rugby.
(2) Voir biographie et palmarès de Petit-Breton sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Petit-Breton
- Aristocratique et gouailleuse, bon enfant et délirante, la bicyclette devait tout cela à ses origines métissées de riches oisifs, d'aventuriers de bonne famille et de fous enthousiastes. Finalement c'est au monde de l'aviation que le vélo ressemblait le plus. On pourrait parler de ces merveilleux fous… roulants sur leurs drôles de machines…
Photo : Coureurs du Véloce-Club en 1892
Avant 1900 : aristo-populaire et moustaches de rigueur
- Une seule épreuve par an, mais quelle fête ! Il existait bien avant 1908 et comme on l'a vu une société cycliste à Périgueux qui portait le nom de "Véloce Club Périgourdin". Tout un programme. Le président en était ce comte de Fayolle, aristocrate de son état, et ses collaborateurs immédiats s'appelaient MM. Soymier, pharmacien à la rue Taillefer et Louis Didon, propriétaire de l'hôtel du Commerce et de la Poste. Le comte Félix de Fayolle assura la présidence du Véloce Club de 1886 à 1923, date de sa mort. Mais on reparlera de ce Louis Didon qui a joué un rôle important sur de nombreux secteurs d'activités de la ville de Périgueux.
- Ce "Véloce Club Périgourdin", plus tard présidé par Monsieur Doléac, mit sur pied l'unique épreuve annuelle officielle, "le Championnat de Fond", sur 100 kms. Le parcours n'était pas le sur-place commercial d'aujourd'hui, mais il était invariablement le même : Périgueux-Montpon et retour, avec arrivée sur la chaussée située après le pont de la Cité, face aux Etablissements Carnaud. Mais il y avait aussi les épreuves de vitesse sur les allées Tourny citées en préambule, qui permettaient elles d'intéresser et de conserver le public autour de cette piste en terre battue. De toute façon le cyclisme était en vogue avec des championnats de région qui s'annonçaient, sans oublier l'importante préparation au cyclisme militaire toujours sous le contrôle de l'UVF et de ses chefs consul.
- Une seule épreuve par an, mais quelle fête ! Il existait bien avant 1908 et comme on l'a vu une société cycliste à Périgueux qui portait le nom de "Véloce Club Périgourdin". Tout un programme. Le président en était ce comte de Fayolle, aristocrate de son état, et ses collaborateurs immédiats s'appelaient MM. Soymier, pharmacien à la rue Taillefer et Louis Didon, propriétaire de l'hôtel du Commerce et de la Poste. Le comte Félix de Fayolle assura la présidence du Véloce Club de 1886 à 1923, date de sa mort. Mais on reparlera de ce Louis Didon qui a joué un rôle important sur de nombreux secteurs d'activités de la ville de Périgueux.
- Ce "Véloce Club Périgourdin", plus tard présidé par Monsieur Doléac, mit sur pied l'unique épreuve annuelle officielle, "le Championnat de Fond", sur 100 kms. Le parcours n'était pas le sur-place commercial d'aujourd'hui, mais il était invariablement le même : Périgueux-Montpon et retour, avec arrivée sur la chaussée située après le pont de la Cité, face aux Etablissements Carnaud. Mais il y avait aussi les épreuves de vitesse sur les allées Tourny citées en préambule, qui permettaient elles d'intéresser et de conserver le public autour de cette piste en terre battue. De toute façon le cyclisme était en vogue avec des championnats de région qui s'annonçaient, sans oublier l'importante préparation au cyclisme militaire toujours sous le contrôle de l'UVF et de ses chefs consul.
Des coureurs déjà redoutables
- Parmi les plus anciens coureurs de cette fin du 19° et du début de ce 20° siècle, se trouvaient Parouty le tailleur du Cours Tourny, Gaston Lacoste le marchand de couronnes mortuaires de la place de la Banque(3), Henri Rebière l'horticulteur de la route de Bordeaux, Costiquère qui était employé de commerce et Gonthier le garagiste de la rue Wilson et directeur d'une société d'autobus(3 bis). Dans ces concerts à la fois bourgeois et audacieux sont venus ensuite s'engouffrer les champions du peuple avec les Roubinet, Rouaix, Négrier, Goujon dit Jacques, Bouyssou, Lacour, Stanislas, Ladeuil et Latreille. A la mode des frères, on trouvait les Réjou, les Rocher ou les deux Mousseau de Nontron.
(3) (local aujourd'hui occupé par un magasin de location de vidéos cassettes)
(3 bis) anciennement Gonthier-Nouhaud puis devenu aujourd'hui Péribus
Photo : Départ du Championnat de la société du Véloce-Club Périgourdin le 8 mai1892 à Tourny
- Parmi les plus anciens coureurs de cette fin du 19° et du début de ce 20° siècle, se trouvaient Parouty le tailleur du Cours Tourny, Gaston Lacoste le marchand de couronnes mortuaires de la place de la Banque(3), Henri Rebière l'horticulteur de la route de Bordeaux, Costiquère qui était employé de commerce et Gonthier le garagiste de la rue Wilson et directeur d'une société d'autobus(3 bis). Dans ces concerts à la fois bourgeois et audacieux sont venus ensuite s'engouffrer les champions du peuple avec les Roubinet, Rouaix, Négrier, Goujon dit Jacques, Bouyssou, Lacour, Stanislas, Ladeuil et Latreille. A la mode des frères, on trouvait les Réjou, les Rocher ou les deux Mousseau de Nontron.
(3) (local aujourd'hui occupé par un magasin de location de vidéos cassettes)
(3 bis) anciennement Gonthier-Nouhaud puis devenu aujourd'hui Péribus
Photo : Départ du Championnat de la société du Véloce-Club Périgourdin le 8 mai1892 à Tourny
Des bécanes "trafiquées"
- Tous ces coureurs, avec des moyens différents, étaient de véritables champions, et les résultats n'étaient pas fonction de leur énergie et de leur courage, mais très souvent, en ces temps sans congés, du temps que leurs occupations avaient pu leur laisser pour leur préparation.
- Un homme cependant laissa un souvenir particulier. Il s'agit de Bouyssou. De petite taille, bien musclé, il était la terreur de ceux qui arrivaient au sprint avec lui. Un autre lévrier, le robuste et beau Lacour, aux dires de ces dames…
- Périgourdins et Bergeracois attendaient avec impatience cette unique épreuve. M. le Comte de Fayolle arrivait ce jour-là dans sa peau de bique, avec sa casquette à visière de cuir portant insigne du "Véloce Club". Son tacot était orné de petits drapeaux jaunes destinés à donner le départ.
- Mais avant l'envol, bon nombre d'admirateurs et d'admiratrices ouvraient des yeux ronds devant la dimension impressionnante de la roue dentée… avant d'un Mousseau, devant le grand pignon sans dent de Réjou (les dents étaient sur la chaîne !), devant la bicyclette "acalène" entendez sans chaîne, montée par Rouaix ou devant les pneus ferrés de Ladeuil. Ce folklore tenait plus à la fantaisie qu'au rendement. Et ne parlons pas des guidons qui avaient des formes invraisemblables.
- Tous ces coureurs, avec des moyens différents, étaient de véritables champions, et les résultats n'étaient pas fonction de leur énergie et de leur courage, mais très souvent, en ces temps sans congés, du temps que leurs occupations avaient pu leur laisser pour leur préparation.
- Un homme cependant laissa un souvenir particulier. Il s'agit de Bouyssou. De petite taille, bien musclé, il était la terreur de ceux qui arrivaient au sprint avec lui. Un autre lévrier, le robuste et beau Lacour, aux dires de ces dames…
- Périgourdins et Bergeracois attendaient avec impatience cette unique épreuve. M. le Comte de Fayolle arrivait ce jour-là dans sa peau de bique, avec sa casquette à visière de cuir portant insigne du "Véloce Club". Son tacot était orné de petits drapeaux jaunes destinés à donner le départ.
- Mais avant l'envol, bon nombre d'admirateurs et d'admiratrices ouvraient des yeux ronds devant la dimension impressionnante de la roue dentée… avant d'un Mousseau, devant le grand pignon sans dent de Réjou (les dents étaient sur la chaîne !), devant la bicyclette "acalène" entendez sans chaîne, montée par Rouaix ou devant les pneus ferrés de Ladeuil. Ce folklore tenait plus à la fantaisie qu'au rendement. Et ne parlons pas des guidons qui avaient des formes invraisemblables.
Des amateurs vrais
- Les Bergeracois étaient là, Breton notamment, qui était coureur… et rugbyman. D'ailleurs, lors d'un match de championnat au cours duquel l'US Bergeracoise avait battu le CAP, ce dernier déposa plainte car Breton avait joué et en effet, la Ligue le pénalisa : il était considéré comme professionnel car il avait gagné cinq francs dans une course de fête cycliste.
- Lorsque le comte de Fayolle donnait le signal du départ, le peloton multicolore s'élançait vers les Izards. Alors les buvettes fonctionnaient en attendant son retour.
- Très sportivement, les résultats n'étaient jamais contestés. M. de Fayolle faisait autorité. On se pressait alors autour du vainqueur, mais aussi autour de "Jacques", qui avait eu toujours des incidents et des accidents pas possibles, et de ce brave Mousseau aîné, dont les farces n'avaient d'égales que celles de Franconi.
- Puis au fur et à mesure que ces braves gens disparaissaient, arrivaient des jeunes dont certains se firent un nom dans le cyclisme régional : Belay, Charles et Henri Lacombe, Lacipiéras, Delmontel, Mindy, Calvet, Parichon, Bastid, Guilhem, Lacoste, Monteil, Lagraudy, Roche, Camblong, Dujarric.
- Parallèlement à cette grande vogue du cyclisme, une puissante nouvelle venue allait rétrograder la petite reine sur un plan secondaire. L'automobile en effet commençait elle aussi sa carrière et Louis Didon qui était un passionné lui donna une grande place, si bien qu'en 1898, le Véloce Club Périgourdin devint Véloce Club Périgourdin-Automobile Club de la Dordogne (VCP-ACD).
La photo : M. de Fayolle au milieu du premier rang
- Les Bergeracois étaient là, Breton notamment, qui était coureur… et rugbyman. D'ailleurs, lors d'un match de championnat au cours duquel l'US Bergeracoise avait battu le CAP, ce dernier déposa plainte car Breton avait joué et en effet, la Ligue le pénalisa : il était considéré comme professionnel car il avait gagné cinq francs dans une course de fête cycliste.
- Lorsque le comte de Fayolle donnait le signal du départ, le peloton multicolore s'élançait vers les Izards. Alors les buvettes fonctionnaient en attendant son retour.
- Très sportivement, les résultats n'étaient jamais contestés. M. de Fayolle faisait autorité. On se pressait alors autour du vainqueur, mais aussi autour de "Jacques", qui avait eu toujours des incidents et des accidents pas possibles, et de ce brave Mousseau aîné, dont les farces n'avaient d'égales que celles de Franconi.
- Puis au fur et à mesure que ces braves gens disparaissaient, arrivaient des jeunes dont certains se firent un nom dans le cyclisme régional : Belay, Charles et Henri Lacombe, Lacipiéras, Delmontel, Mindy, Calvet, Parichon, Bastid, Guilhem, Lacoste, Monteil, Lagraudy, Roche, Camblong, Dujarric.
- Parallèlement à cette grande vogue du cyclisme, une puissante nouvelle venue allait rétrograder la petite reine sur un plan secondaire. L'automobile en effet commençait elle aussi sa carrière et Louis Didon qui était un passionné lui donna une grande place, si bien qu'en 1898, le Véloce Club Périgourdin devint Véloce Club Périgourdin-Automobile Club de la Dordogne (VCP-ACD).
La photo : M. de Fayolle au milieu du premier rang
II - UN ARGENTIN QUI DEVIENT PETIT BRETON
- Lucien Mazan est né en 1882 à Plessé en Loire-Inférieure(4). Son père horloger, est féru de politique et républicain convaincu. Mais dans cette région des rives de la Loire, à deux pas de la Vendée, la chouannerie est restée vivace. Lorsqu'il se présente aux élections sur une liste républicaine, il est battu et décide qu'il ne peut vivre plus longtemps parmi ses opposants. Il ferme sa boutique, fait ses valises et embarque à Saint-Nazaire, avec femme et enfants, direction l'Argentine.
(4) devenue aujourd'hui Loire-Atlantique
- A 16 ans, Lucien achète sa première bicyclette et sans aucun conseil, commence son entraînement sur les routes ou plutôt sur les chemins défoncés. Il part de son domicile à quatre heures pour prendre son service à sept heures. Après une année à ce rythme, il devient champion d'Argentine des 25 kilomètres. Il quitte alors son métier de chasseur au Jockey-Club, pour un poste de mécanicien à la succursale Peugeot. En Argentine, il court sous le pseudonyme de Breton, pour ne pas éveiller les soupçons de son père qui n'aime pas le sport et encore voir son fils le pratiquer, mais aussi pour ne pas être confondu avec un autre coureur émigré surnommé Le Breton. L'existence de cet homonyme lui fait choisir celui de Petit-Breton.
- En 1902, il rentre en France et devient la gloire du Vélo-Club Levallois. Il enchaînera les victoires avec le Bol d'or couru sur 24 heures en piste, derrière motocyclette au vélodrome Buffalo à Paris qu'il remportera en 1904. Il s'adjuge la même année Bordeaux-Paris mais est déclassé par les commissaires. Il bat le record de l'heure en 1905 de deux mètres seulement, puis en 1906 avec 41,110 kilomètres parcourus.
- Sur route, le Tour de France le met en vedette. Il court en 1906 sur machine poinçonnée, ce qui signifie que le coureur doit effectuer l'intégralité du parcours sur le même vélo. Vainqueur en 1907 et en 1908, c'est la première fois qu'un coureur remporte deux fois de suite cette épreuve. Vainqueur de Paris-Tours en 1906, de Milan-San Remo en 1907, de Paris-Bruxelles et du Tour de Belgique en 1908, il déclare à l'arrivée du Tour au Parc des Princes "C'est terminé aujourd'hui, j'abandonne le sport cycliste".
La photo : les 3 frères Petit-Breton
- Lucien Mazan est né en 1882 à Plessé en Loire-Inférieure(4). Son père horloger, est féru de politique et républicain convaincu. Mais dans cette région des rives de la Loire, à deux pas de la Vendée, la chouannerie est restée vivace. Lorsqu'il se présente aux élections sur une liste républicaine, il est battu et décide qu'il ne peut vivre plus longtemps parmi ses opposants. Il ferme sa boutique, fait ses valises et embarque à Saint-Nazaire, avec femme et enfants, direction l'Argentine.
(4) devenue aujourd'hui Loire-Atlantique
- A 16 ans, Lucien achète sa première bicyclette et sans aucun conseil, commence son entraînement sur les routes ou plutôt sur les chemins défoncés. Il part de son domicile à quatre heures pour prendre son service à sept heures. Après une année à ce rythme, il devient champion d'Argentine des 25 kilomètres. Il quitte alors son métier de chasseur au Jockey-Club, pour un poste de mécanicien à la succursale Peugeot. En Argentine, il court sous le pseudonyme de Breton, pour ne pas éveiller les soupçons de son père qui n'aime pas le sport et encore voir son fils le pratiquer, mais aussi pour ne pas être confondu avec un autre coureur émigré surnommé Le Breton. L'existence de cet homonyme lui fait choisir celui de Petit-Breton.
- En 1902, il rentre en France et devient la gloire du Vélo-Club Levallois. Il enchaînera les victoires avec le Bol d'or couru sur 24 heures en piste, derrière motocyclette au vélodrome Buffalo à Paris qu'il remportera en 1904. Il s'adjuge la même année Bordeaux-Paris mais est déclassé par les commissaires. Il bat le record de l'heure en 1905 de deux mètres seulement, puis en 1906 avec 41,110 kilomètres parcourus.
- Sur route, le Tour de France le met en vedette. Il court en 1906 sur machine poinçonnée, ce qui signifie que le coureur doit effectuer l'intégralité du parcours sur le même vélo. Vainqueur en 1907 et en 1908, c'est la première fois qu'un coureur remporte deux fois de suite cette épreuve. Vainqueur de Paris-Tours en 1906, de Milan-San Remo en 1907, de Paris-Bruxelles et du Tour de Belgique en 1908, il déclare à l'arrivée du Tour au Parc des Princes "C'est terminé aujourd'hui, j'abandonne le sport cycliste".
La photo : les 3 frères Petit-Breton
B - LE CYCLISME A PERIGUEUX AVEC PETIT-BRETON
I - PETIT-BRETON S'INSTALLE A PERIGUEUX
- Après l'arrivée du Tour de France en 1908, le champion réside au Quartier latin. Mais il aspire à "faire une fin" pour s'établir commerçant en province. Petit-Breton pense donc à son avenir et en même temps à son mariage. Ayant connu la maison Peugeot en Argentine, il souhaite ouvrir une agence à Nantes, près de sa région natale. Mais chez Peugeot on le fait attendre, avant de lui proposer en 1908 l'agence de Cognac ou celle de la Rochelle. Rendez-vous est pris avec un représentant de la firme de Cognac, mais ce dernier modifie le programme et lui demande de le rejoindre à Périgueux. "Je suis allé à Périgueux" écrit Lucien le 15 septembre 1908 à sa future épouse. "J'ai étudié l'affaire sur place. J'ai cru voir qu'elle était très bonne à tous points de vue. Je l'ai préférée aux deux autres et adoptée définitivement. J'ai arrêté mon magasin et notre future demeure ainsi que mon atelier momentanément. L'appartement se trouve au-dessus et comprend six pièces, cuisine et cabinet. C'est un très joli pays. Le tout me donne droit à deux caves et aussi à deux mansardes pour le prix de 1500 francs. J'ai également arrêté un employé très intéressant, Monsieur Ribes, qui est encore chez l'agent actuel de Peugeot"(…).
- Et voilà, comme simplement le hasard a conduit Petit-Breton à Périgueux Son esprit d'à-propos l'a fait se décider en quelques heures. Le 15 octobre 1908, il emménage seul. Lucien vient juste d'avoir 26 ans. Le mariage avec Marie-Madeleine Macheteau, "une payse" a lieu le 24 novembre 1908. Son père est chapelier à Vallet en Loire Inférieure. Une nouvelle existence commence à Périgueux. Une petite Lucie naîtra en octobre 1909.
Leur réussite commerciale est grande et la succursale Peugeot de la Place du 4 septembre, (cycles, motocyclettes, voiturettes et réparations) prend une très rapide extension. Une nombreuse et bientôt fidèle clientèle fréquente le magasin de la place du 4 septembre(5). Au coin de la rue du 4 septembre, elle achète et fait réparer chez Petit-Breton(6). En face, au coin de la rue Louis Mie et de la place, s'élève l'Hôte du Commerce(7) de Louis Didon(8), "maître d'hôtel" (comme il aime se nommer), passionné d'automobile(9) comme on l'a déjà lu, mais aussi de tourisme, d'histoire et d'archéologie et enfin de préhistoire.
- Après l'arrivée du Tour de France en 1908, le champion réside au Quartier latin. Mais il aspire à "faire une fin" pour s'établir commerçant en province. Petit-Breton pense donc à son avenir et en même temps à son mariage. Ayant connu la maison Peugeot en Argentine, il souhaite ouvrir une agence à Nantes, près de sa région natale. Mais chez Peugeot on le fait attendre, avant de lui proposer en 1908 l'agence de Cognac ou celle de la Rochelle. Rendez-vous est pris avec un représentant de la firme de Cognac, mais ce dernier modifie le programme et lui demande de le rejoindre à Périgueux. "Je suis allé à Périgueux" écrit Lucien le 15 septembre 1908 à sa future épouse. "J'ai étudié l'affaire sur place. J'ai cru voir qu'elle était très bonne à tous points de vue. Je l'ai préférée aux deux autres et adoptée définitivement. J'ai arrêté mon magasin et notre future demeure ainsi que mon atelier momentanément. L'appartement se trouve au-dessus et comprend six pièces, cuisine et cabinet. C'est un très joli pays. Le tout me donne droit à deux caves et aussi à deux mansardes pour le prix de 1500 francs. J'ai également arrêté un employé très intéressant, Monsieur Ribes, qui est encore chez l'agent actuel de Peugeot"(…).
- Et voilà, comme simplement le hasard a conduit Petit-Breton à Périgueux Son esprit d'à-propos l'a fait se décider en quelques heures. Le 15 octobre 1908, il emménage seul. Lucien vient juste d'avoir 26 ans. Le mariage avec Marie-Madeleine Macheteau, "une payse" a lieu le 24 novembre 1908. Son père est chapelier à Vallet en Loire Inférieure. Une nouvelle existence commence à Périgueux. Une petite Lucie naîtra en octobre 1909.
Leur réussite commerciale est grande et la succursale Peugeot de la Place du 4 septembre, (cycles, motocyclettes, voiturettes et réparations) prend une très rapide extension. Une nombreuse et bientôt fidèle clientèle fréquente le magasin de la place du 4 septembre(5). Au coin de la rue du 4 septembre, elle achète et fait réparer chez Petit-Breton(6). En face, au coin de la rue Louis Mie et de la place, s'élève l'Hôte du Commerce(7) de Louis Didon(8), "maître d'hôtel" (comme il aime se nommer), passionné d'automobile(9) comme on l'a déjà lu, mais aussi de tourisme, d'histoire et d'archéologie et enfin de préhistoire.
(5) aujourd'hui Place André Maurois ou plus communément appelée place des jets d'eau
(6) c'est à peu près à cet emplacement que sera bâtie la Poste de Périgueux. Guy Penaud mentionne un terrain acquis par la ville à la famille Lacoste. Les lieux seront cédés à l'Etat avec une partie des terrains de Sainte-Ursule en 1924 pour faire édifier, par l'architecte Paul Cocula, l'hôtel des Postes que nous connaissons, inauguré en 1931 par Georges Bonnet, ministre des PTT depuis 1930.
(7) L'hôtel du Commerce, ouvert en 1883, prend alors le nom d'Hôtel du Commerce et des Postes. Il sera kommandantur durant l'occupation, entouré de chevaux de frise en 1944 et démoli en 1965 pour construire un grand immeuble. Aujourd'hui l'emplacement de l'hôtel du commerce de Louis Didon est occupé à son rez de chaussée par une supérette, qui elle-même remplace l'ancien magasin d'articles ménagers (Télé Confort Thermique), séparé de la Poste par le chêne de la Paix.
(8) Louis Didon (1866-1927) est connu pour ses fouilles aux abris Blanchard et Labatut à Sergeac en 1910 et 1912. Il participe depuis 1890 aux activités du Véloce-Club Périgourdin qui deviendra l'Automobile-Club du Périgord. Il a concouru dans la course d'automobiles de 1898 (Périgueux-Mussidan-Bergerac-Le Bugue-Périgueux). Grand collectionneur, il a légué d'importantes archives aux archives départementales.
(9) il a une Léon-Bollée, puis une De Dion-Bouton
- A vrai dire la succursale de Petit-Breton se situait près du siège du Véloce-Club Périgourdin. Dans la vitrine de sa boutique(10) on pouvait voir sa machine Peugeot, avec laquelle il venait de remporter la grande boucle, longue de 4487 kms à 28,740 km/h de moyenne.
(10) elle devait se situer en face de l'actuelle Poste, dans l'immeuble dont le rez de chaussé est actuellement occupé par une blanchisserie.
La Photo : Petit-Breton dans un box au cours d'un Six Jours, entouré de Marie-Madeleine son épouse et de Lucie sa fille.
(6) c'est à peu près à cet emplacement que sera bâtie la Poste de Périgueux. Guy Penaud mentionne un terrain acquis par la ville à la famille Lacoste. Les lieux seront cédés à l'Etat avec une partie des terrains de Sainte-Ursule en 1924 pour faire édifier, par l'architecte Paul Cocula, l'hôtel des Postes que nous connaissons, inauguré en 1931 par Georges Bonnet, ministre des PTT depuis 1930.
(7) L'hôtel du Commerce, ouvert en 1883, prend alors le nom d'Hôtel du Commerce et des Postes. Il sera kommandantur durant l'occupation, entouré de chevaux de frise en 1944 et démoli en 1965 pour construire un grand immeuble. Aujourd'hui l'emplacement de l'hôtel du commerce de Louis Didon est occupé à son rez de chaussée par une supérette, qui elle-même remplace l'ancien magasin d'articles ménagers (Télé Confort Thermique), séparé de la Poste par le chêne de la Paix.
(8) Louis Didon (1866-1927) est connu pour ses fouilles aux abris Blanchard et Labatut à Sergeac en 1910 et 1912. Il participe depuis 1890 aux activités du Véloce-Club Périgourdin qui deviendra l'Automobile-Club du Périgord. Il a concouru dans la course d'automobiles de 1898 (Périgueux-Mussidan-Bergerac-Le Bugue-Périgueux). Grand collectionneur, il a légué d'importantes archives aux archives départementales.
(9) il a une Léon-Bollée, puis une De Dion-Bouton
- A vrai dire la succursale de Petit-Breton se situait près du siège du Véloce-Club Périgourdin. Dans la vitrine de sa boutique(10) on pouvait voir sa machine Peugeot, avec laquelle il venait de remporter la grande boucle, longue de 4487 kms à 28,740 km/h de moyenne.
(10) elle devait se situer en face de l'actuelle Poste, dans l'immeuble dont le rez de chaussé est actuellement occupé par une blanchisserie.
La Photo : Petit-Breton dans un box au cours d'un Six Jours, entouré de Marie-Madeleine son épouse et de Lucie sa fille.
II - LA VIE DE PETIT-BRETON APRES SON INSTALLATION
- Petit-Breton s'ennuie un peu à Périgueux et dans son garage. Il s'intéresse alors à l'aviation et veut passer son brevet de pilote. Il a rencontré l'aviateur Eugène Lefèvre, venu plusieurs fois évoluer au-dessus de Périgueux-Aviation à Chamiers. Nous sommes en 1909 et en juillet de cette année là, Blériot va traverser la Manche. Petit-Breton a alors moins de trente ans, un âge d'or pour un champion. Dès le printemps de cette année 1909, il se décide pour combler l'ennui, de reprendre la compétition. Il enchaîne les courses, mais aussi déboires après déboires : pluies torrentielles, mal aux reins ou aux genoux, poussières aveuglant le coureur, chutes nombreuses provoquées par un matelot ivre, un chien errant, un concurrent maladroit, un suiveur encombrant, une fillette inattentive, un pavé trop saillant, sans parler d'accusations d'attente avec des concurrents, des retards au départ, abandons, etc… Une guigne en quelque sorte imméritée, car Petit-Breton est méticuleux au point d'emporter sa bicyclette dans sa chambre d'hôtel.
- Des coureurs nouveaux sont là, dont Henri Pélissier qui rappelle aux connaisseurs le Petit-Breton d'il y a quelques années. Comme lui, c'est un élégant mousquetaire. Petit-Breton reste populaire malgré ses échecs ou peut-être à cause d'eux. Le commerce de Périgueux, confié à son épouse et à son frère Paul avec qui il est parfois confondu, est de plus en plus florissant. Il acquiert une villa à Boulogne sur Seine, pour aller s'entraîner au bois, puis un domaine dans le Morbihan.
- A Périgueux pendant ce temps le Véloce Club constituait l'unique association cycliste. On s'ennuyait un peu en son sein, car seule la préparation militaire constituait l'objectif de cette période.
- Une des préoccupations de notre champion, fut de former une société pour relever ce Véloce-Club à bout de souffle…. A cette époque, Petit-Breton était coureur professionnel et entre ses entraînements, son calendrier de courses et ses extras de commercial, il manquait de temps pour pouvoir s'occuper de tout et en même temps. Petit-Breton, il faut le dire, a eu alors la chance de trouver sur son chemin deux hommes dont les connaissances en tous sports en général et en cyclisme en particulier, lui permirent la réalisation de projets communs. Ce Champion toutes catégories rencontra à Périgueux le Pasteur Camblong et Jean Galinat. Ce trio auquel était venu se joindre Charles Lacombe, organisa une réunion à la Taverne des Boulevards(11). Tous les jeunes gens pratiquant le vélo répondirent à leur appel. On n'était plus en 1908, mais déjà le 7 mars 1911, date à laquelle le Cyclo-Club Périgourdin prenait naissance. Le Pasteur Camblong en prit la présidence et Jean Galinat le secrétariat. Mais dès 1911, un certain M. Seignat fut élu à la tête de ce Cyclo-Club.
(11) ex café de la Rotonde, aujourd'hui occupée par la banque CIC, sur les bords des boulevards, là où se déroulent les 100 Tours Cyclistes le 13 juillet
- Petit-Breton s'ennuie un peu à Périgueux et dans son garage. Il s'intéresse alors à l'aviation et veut passer son brevet de pilote. Il a rencontré l'aviateur Eugène Lefèvre, venu plusieurs fois évoluer au-dessus de Périgueux-Aviation à Chamiers. Nous sommes en 1909 et en juillet de cette année là, Blériot va traverser la Manche. Petit-Breton a alors moins de trente ans, un âge d'or pour un champion. Dès le printemps de cette année 1909, il se décide pour combler l'ennui, de reprendre la compétition. Il enchaîne les courses, mais aussi déboires après déboires : pluies torrentielles, mal aux reins ou aux genoux, poussières aveuglant le coureur, chutes nombreuses provoquées par un matelot ivre, un chien errant, un concurrent maladroit, un suiveur encombrant, une fillette inattentive, un pavé trop saillant, sans parler d'accusations d'attente avec des concurrents, des retards au départ, abandons, etc… Une guigne en quelque sorte imméritée, car Petit-Breton est méticuleux au point d'emporter sa bicyclette dans sa chambre d'hôtel.
- Des coureurs nouveaux sont là, dont Henri Pélissier qui rappelle aux connaisseurs le Petit-Breton d'il y a quelques années. Comme lui, c'est un élégant mousquetaire. Petit-Breton reste populaire malgré ses échecs ou peut-être à cause d'eux. Le commerce de Périgueux, confié à son épouse et à son frère Paul avec qui il est parfois confondu, est de plus en plus florissant. Il acquiert une villa à Boulogne sur Seine, pour aller s'entraîner au bois, puis un domaine dans le Morbihan.
- A Périgueux pendant ce temps le Véloce Club constituait l'unique association cycliste. On s'ennuyait un peu en son sein, car seule la préparation militaire constituait l'objectif de cette période.
- Une des préoccupations de notre champion, fut de former une société pour relever ce Véloce-Club à bout de souffle…. A cette époque, Petit-Breton était coureur professionnel et entre ses entraînements, son calendrier de courses et ses extras de commercial, il manquait de temps pour pouvoir s'occuper de tout et en même temps. Petit-Breton, il faut le dire, a eu alors la chance de trouver sur son chemin deux hommes dont les connaissances en tous sports en général et en cyclisme en particulier, lui permirent la réalisation de projets communs. Ce Champion toutes catégories rencontra à Périgueux le Pasteur Camblong et Jean Galinat. Ce trio auquel était venu se joindre Charles Lacombe, organisa une réunion à la Taverne des Boulevards(11). Tous les jeunes gens pratiquant le vélo répondirent à leur appel. On n'était plus en 1908, mais déjà le 7 mars 1911, date à laquelle le Cyclo-Club Périgourdin prenait naissance. Le Pasteur Camblong en prit la présidence et Jean Galinat le secrétariat. Mais dès 1911, un certain M. Seignat fut élu à la tête de ce Cyclo-Club.
(11) ex café de la Rotonde, aujourd'hui occupée par la banque CIC, sur les bords des boulevards, là où se déroulent les 100 Tours Cyclistes le 13 juillet
Une forte émulation
- La présence de "Petit-Breton" galvanisait tout le monde(12). Alors qu'au plan national en 1913, l'UVF modifie son organisation en créant des comités départementaux, Jean Galinat ayant été nommé délégué de la Dordogne, est remplacé au Cyclo-Club par Lacipiéras auparavant trésorier. Amédée Tranchard devient trésorier et l'association repart de plus belle. La présence du Champion, la création d'un grand club cycliste dans la capitale du Périgord, l'arrivée de Paul Mazan(13) (frère de Lucien) qui est alors Champion de France amateur, provoquèrent une émulation magnifique, si bien que dans tous les coins du département, les jeunes se mettent à faire du vélo pour gagner le jour de la fête votive le bouquet offert par la plus belle fille du village. Ils affrontaient la compétition, la vraie ! On découvrit alors que des jeunes avaient une classe certaine. Du rang de ces inconnus sortirent Chauvière (Neuvic), Cailloux (La Force), Lagarde (La Force), Bonimond (Terrasson), Debord (Niversac)…
(12) Un championnat de vitesse sur 1000 mètres était organisé entre Périgueux et Marsac (23 avril 1911). Un Trophée Napoléon sur 100 kms se disputait de même en avril 1911 sur l'itinéraire Périgueux-Thiviers-Lanouaille-Excideuil-Sarliac-Périgueux, tout cela sous le contrôle du CC Périgourdin.
(13) avec lequel, il est parfois confondu. Lucien Petit-Breton avait transmis le virus du cyclisme à son frère Paul Mazan vainqueur du Tour de Tarragone en trois étapes (1908). Il a été de plus champion de France amateur la même année. Paul a participé activement à l'évolution du Cyclo-Club Périgourdin et a été même un très grand personnage dans la vie et l'essor du club, son frère Lucien étant toujours sur les routes de la compétition. Son autre frère Anselme a quand à lui couru le Tour de France en 1907. Son fils Yves, fut directeur sportif chez Automoto et, également au Tour de France en 1948 à la tête de l'équipe de l'Ouest.
- Deux de ces hommes émergèrent nettement par la suite, ce sont Henri Chauvière et Cailloux. Grande rivalité entre ces deux bons coureurs, car le premier courait pour Peugeot, alors que le second montait les cycles Rochet. Chauvière, conseillé par Petit-Breton, devint un grand champion. Le 12 mars 1911, il remportait Périgueux-Neuvic et retour devant Dujaric et Ladeuil. Il gagnait le Périgueux-Limoges, sa première grande épreuve internationale. Le Trophée de France (Tour de France des indépendants) l'imposa définitivement.
- N'avait-il pas surclassé le favori en la personne du Belge Philippe Thys, qui l'année suivante, gagna le Tour de France ? Dans ce Trophée de France, Henri Chauvière fut déclassé pour avoir bénéficié d'une aide dans l'étape précédant celle qui arrivait à Périgueux.
- Dommage que Cailloux n'ait jamais voulu suivre les conseils de ses amis. Le Périgord tenait là un autre champion de grande classe, peut-être plus complet que Chauvière.
- La présence de "Petit-Breton" galvanisait tout le monde(12). Alors qu'au plan national en 1913, l'UVF modifie son organisation en créant des comités départementaux, Jean Galinat ayant été nommé délégué de la Dordogne, est remplacé au Cyclo-Club par Lacipiéras auparavant trésorier. Amédée Tranchard devient trésorier et l'association repart de plus belle. La présence du Champion, la création d'un grand club cycliste dans la capitale du Périgord, l'arrivée de Paul Mazan(13) (frère de Lucien) qui est alors Champion de France amateur, provoquèrent une émulation magnifique, si bien que dans tous les coins du département, les jeunes se mettent à faire du vélo pour gagner le jour de la fête votive le bouquet offert par la plus belle fille du village. Ils affrontaient la compétition, la vraie ! On découvrit alors que des jeunes avaient une classe certaine. Du rang de ces inconnus sortirent Chauvière (Neuvic), Cailloux (La Force), Lagarde (La Force), Bonimond (Terrasson), Debord (Niversac)…
(12) Un championnat de vitesse sur 1000 mètres était organisé entre Périgueux et Marsac (23 avril 1911). Un Trophée Napoléon sur 100 kms se disputait de même en avril 1911 sur l'itinéraire Périgueux-Thiviers-Lanouaille-Excideuil-Sarliac-Périgueux, tout cela sous le contrôle du CC Périgourdin.
(13) avec lequel, il est parfois confondu. Lucien Petit-Breton avait transmis le virus du cyclisme à son frère Paul Mazan vainqueur du Tour de Tarragone en trois étapes (1908). Il a été de plus champion de France amateur la même année. Paul a participé activement à l'évolution du Cyclo-Club Périgourdin et a été même un très grand personnage dans la vie et l'essor du club, son frère Lucien étant toujours sur les routes de la compétition. Son autre frère Anselme a quand à lui couru le Tour de France en 1907. Son fils Yves, fut directeur sportif chez Automoto et, également au Tour de France en 1948 à la tête de l'équipe de l'Ouest.
- Deux de ces hommes émergèrent nettement par la suite, ce sont Henri Chauvière et Cailloux. Grande rivalité entre ces deux bons coureurs, car le premier courait pour Peugeot, alors que le second montait les cycles Rochet. Chauvière, conseillé par Petit-Breton, devint un grand champion. Le 12 mars 1911, il remportait Périgueux-Neuvic et retour devant Dujaric et Ladeuil. Il gagnait le Périgueux-Limoges, sa première grande épreuve internationale. Le Trophée de France (Tour de France des indépendants) l'imposa définitivement.
- N'avait-il pas surclassé le favori en la personne du Belge Philippe Thys, qui l'année suivante, gagna le Tour de France ? Dans ce Trophée de France, Henri Chauvière fut déclassé pour avoir bénéficié d'une aide dans l'étape précédant celle qui arrivait à Périgueux.
- Dommage que Cailloux n'ait jamais voulu suivre les conseils de ses amis. Le Périgord tenait là un autre champion de grande classe, peut-être plus complet que Chauvière.
… Et vint le massacre
- Ces années 1910, 1911 et 1912 n'apportèrent pas grand changement dans le lot des coureurs. Ceux-ci mieux préparés franchirent les limites du département pour disputer de grandes épreuves à Bordeaux, Limoges, Angoulême, où certains se firent remarquer.
- 1912 vit le départ au régiment de quelques éléments. "Petit-Breton" lui-même quitta Périgueux sans sa famille. La représentation des cycles Peugeot fut alors confiée à Bourillon, frère du grand champion cycliste de vitesse… et chanteur de talent.
- Chauvière courait de plus en plus souvent à l'extérieur et Cailloux devenait dangereux. Pour conserver la suprématie des cycles Peugeot, Bourillon faisait venir le Lot-et-Garonnais Navail, sprinter redoutable.
- 1913 fit une razzia. Les coureurs des classes 1912 et 1913 durent rejoindre leur corps en septembre et novembre. Même sous les drapeaux, les Périgourdins se livraient à leur sport favori jusqu'à ce que…
- Les années précédant la guerre, roulant désormais sur cycle Alcyon, le champion continue. Mais il ne remporte plus de courses, ni même d'étapes. Il se classe presque toujours parmi les premiers, sauf accident bien entendu. Au Tour de France, il finit par abandonner chaque année de 1910 à 1914. Il fait figure de doyen. Une deuxième fille, Yvonne, lui est née là-bas, à Périgueux.
- Alarme ! 2 août 1914. Le vélo est raccroché et on peut dire pour toujours. Le soldat de 2° classe Lucien Mazan, alias Petit-Breton, matricule 3401, est mobilisé le 3 août 1914 comme agent vélocipédique de l'état-major à l'Ecole militaire de Paris. L'armée utilise ses compétences.
- Après la retraite de Charleroi, c'est l'invasion de la France. Les allemands arrivent jusqu'à la Marne. Il faut du renfort pour le front. On attribue au général Périgourdin Louis Clergerie, chef d'état-major du gouverneur Galliéni une idée décisive dans la soirée du 6 septembre 1914. Celle de réquisitionner les fameux taxis parisiens. Ils transporteront, à 40 kilomètres de la capitale, le complément des troupes de fortune que Galliéni a décidé d'envoyer à l'armée de Maunoury, lancée sur le flanc découvert de l'ennemi. Planton de l'état-major, Petit-Breton s'en va, tard dans la soirée, réveiller le lieutenant responsable de la réserve des taxis et lui remettre l'ordre. Ces voitures partent dans la nuit, roulant au compteur et débarquent leurs passagers à une quarantaine de kilomètres au Nord-Est de Paris. Ils rejoignent l'armée Maunoury sur l'Ourcq. Ces troupes formeront l'aile gauche du dispositif franco-britannique, étendu devant Montmirail et les célèbres marais de Saint-Gond. L'offensive est arrêtée et Paris est sauvé. Après ce succès, la guerre va s'enliser dans les tranchées pour quatre années.
- Tandis que son frère est pilote d'une escadrille Spad, Petit-Breton devient le chauffeur du sous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Abel Ferry, neveu de Jules Ferry. Avec ce Lorrain, il se porte constamment sur la ligne de feu. Il est ensuite affecté aux liaisons postales de la région parisienne. Sa famille quitte alors Périgueux pour Boulogne sur Seine, là où il avait acquit une villa en 1909. Un troisième enfant naît dans son ménage.
- Le 20 décembre 1917, dans la nuit d'hiver, en face de sa voiture, une charrette à cheval lui barre la route alors qu'il est à une vingtaine de kilomètres du front. Le choc est terrible, Petit-Breton meurt sur le coup ! On saura plus tard que le charretier était ivre…
- Le conflit sera sans pitié, car ceux qui ne sont ni tués ni mutilés se ressentiront des méfaits de la guerre et ont, en tout cas, cinq ou six ans de plus, lorsque celle-ci prend fin. Le ressort est cassé, il faut se refaire une situation. Les Périgourdins comme tout le monde viennent de basculer dans une autre civilisation, celle de l'horreur et des atrocités….
- Le cyclisme comme le reste, a mis longtemps à se remettre de la "Grande Guerre", après que Petit-Breton(14) et ses compagnons périgourdins soient tombés au front et avec eux bien des enthousiasmes.
(14) Dans cette période qui précède la première guerre mondiale, le cyclisme évolue sur le grand braquet. Un coureur comme Petit-Breton s'achète une voiture, ce qui constitue à l'époque un signe de grande fortune. Les enjeux commerciaux bouleversent toutes les données d'un sport en pleine expansion. Les coureurs sont les premiers à en bénéficier de ces retombées sonnantes et trébuchantes. Mensualités par les marques de cycles qui les emploient, bénéficiant d'importantes primes de victoires et de divers prix à l'arrivée. Les champions touchent en fin de mois cinquante fois le salaire d'un ouvrier. Le mythe des géants de la route vient de débuter, les premières collusions financières avec, soit tous les ingrédients qui dans l'avenir laisseront planer un doute sur notre discipline.
- Si la demande se fait sentir, nous aurons l'occasion d'évoquer encore la suite des pages glorieuses du club doyen du Périgord, dont les destinés seront reprises en 1921 par Charles Lacombe(15) puis par Monsieur Marchet. Un entre-deux guerres difficile à gérer certes, avec la multiplication des clubs dans la ville, qui susciteront une rivalité. Mais c'est grâce à M. Delcayrou en 1925, puis à René Leygues lors de la libération, que le Cyclo-Club Périgourdin retrouvera toute sa splendeur. Mais tout cela constitue une très longue histoire, qui mérite sans doute d'être racontée, pour une autre fois… En attendant, souhaitons un BON ANNIVERSAIRE à notre premier club CENTENAIRE(16) de notre Dordogne. Car si 1908 reste la date de fondation du club c'est tout simplement parce qu'elle a été de tout temps associée à l'arrivée de Petit-Breton, son créateur.
(15) il est entouré de quelques bons camarades comme Eyssartier, Monteil, Gaillard, Delcayrou et Papazzogli.
(16) même si les statuts du club n'ont été déposés qu'en 1911, c'est l'arrivée de Petit-Breton en 1908 à Périgueux qui a fait toujours référence. D'ailleurs en 1958, il est lu sur le journal "l'Athlète", la célébration du cinquantenaire fêté en février en présence de deux coureurs champions de France sous ses couleurs. L'ancien avec Paul Mazan, frère du prestigieux Lucien Mazan dit "Petit-Breton" et qui revêtit le maillot tricolore des amateurs à Amiens en 1908, en couvrant les 100 kilomètres en 3h 26' 05", puis l'actuel avec Valentin Huot, vainqueur du titre professionnel en 1957 à Châteaulin. A cette fête, M. Bargue, Président du Comité du Limousin a remis à Huot, la médaille d'Or de la FFC, rappelle le journal.
- Ces années 1910, 1911 et 1912 n'apportèrent pas grand changement dans le lot des coureurs. Ceux-ci mieux préparés franchirent les limites du département pour disputer de grandes épreuves à Bordeaux, Limoges, Angoulême, où certains se firent remarquer.
- 1912 vit le départ au régiment de quelques éléments. "Petit-Breton" lui-même quitta Périgueux sans sa famille. La représentation des cycles Peugeot fut alors confiée à Bourillon, frère du grand champion cycliste de vitesse… et chanteur de talent.
- Chauvière courait de plus en plus souvent à l'extérieur et Cailloux devenait dangereux. Pour conserver la suprématie des cycles Peugeot, Bourillon faisait venir le Lot-et-Garonnais Navail, sprinter redoutable.
- 1913 fit une razzia. Les coureurs des classes 1912 et 1913 durent rejoindre leur corps en septembre et novembre. Même sous les drapeaux, les Périgourdins se livraient à leur sport favori jusqu'à ce que…
- Les années précédant la guerre, roulant désormais sur cycle Alcyon, le champion continue. Mais il ne remporte plus de courses, ni même d'étapes. Il se classe presque toujours parmi les premiers, sauf accident bien entendu. Au Tour de France, il finit par abandonner chaque année de 1910 à 1914. Il fait figure de doyen. Une deuxième fille, Yvonne, lui est née là-bas, à Périgueux.
- Alarme ! 2 août 1914. Le vélo est raccroché et on peut dire pour toujours. Le soldat de 2° classe Lucien Mazan, alias Petit-Breton, matricule 3401, est mobilisé le 3 août 1914 comme agent vélocipédique de l'état-major à l'Ecole militaire de Paris. L'armée utilise ses compétences.
- Après la retraite de Charleroi, c'est l'invasion de la France. Les allemands arrivent jusqu'à la Marne. Il faut du renfort pour le front. On attribue au général Périgourdin Louis Clergerie, chef d'état-major du gouverneur Galliéni une idée décisive dans la soirée du 6 septembre 1914. Celle de réquisitionner les fameux taxis parisiens. Ils transporteront, à 40 kilomètres de la capitale, le complément des troupes de fortune que Galliéni a décidé d'envoyer à l'armée de Maunoury, lancée sur le flanc découvert de l'ennemi. Planton de l'état-major, Petit-Breton s'en va, tard dans la soirée, réveiller le lieutenant responsable de la réserve des taxis et lui remettre l'ordre. Ces voitures partent dans la nuit, roulant au compteur et débarquent leurs passagers à une quarantaine de kilomètres au Nord-Est de Paris. Ils rejoignent l'armée Maunoury sur l'Ourcq. Ces troupes formeront l'aile gauche du dispositif franco-britannique, étendu devant Montmirail et les célèbres marais de Saint-Gond. L'offensive est arrêtée et Paris est sauvé. Après ce succès, la guerre va s'enliser dans les tranchées pour quatre années.
- Tandis que son frère est pilote d'une escadrille Spad, Petit-Breton devient le chauffeur du sous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Abel Ferry, neveu de Jules Ferry. Avec ce Lorrain, il se porte constamment sur la ligne de feu. Il est ensuite affecté aux liaisons postales de la région parisienne. Sa famille quitte alors Périgueux pour Boulogne sur Seine, là où il avait acquit une villa en 1909. Un troisième enfant naît dans son ménage.
- Le 20 décembre 1917, dans la nuit d'hiver, en face de sa voiture, une charrette à cheval lui barre la route alors qu'il est à une vingtaine de kilomètres du front. Le choc est terrible, Petit-Breton meurt sur le coup ! On saura plus tard que le charretier était ivre…
- Le conflit sera sans pitié, car ceux qui ne sont ni tués ni mutilés se ressentiront des méfaits de la guerre et ont, en tout cas, cinq ou six ans de plus, lorsque celle-ci prend fin. Le ressort est cassé, il faut se refaire une situation. Les Périgourdins comme tout le monde viennent de basculer dans une autre civilisation, celle de l'horreur et des atrocités….
- Le cyclisme comme le reste, a mis longtemps à se remettre de la "Grande Guerre", après que Petit-Breton(14) et ses compagnons périgourdins soient tombés au front et avec eux bien des enthousiasmes.
(14) Dans cette période qui précède la première guerre mondiale, le cyclisme évolue sur le grand braquet. Un coureur comme Petit-Breton s'achète une voiture, ce qui constitue à l'époque un signe de grande fortune. Les enjeux commerciaux bouleversent toutes les données d'un sport en pleine expansion. Les coureurs sont les premiers à en bénéficier de ces retombées sonnantes et trébuchantes. Mensualités par les marques de cycles qui les emploient, bénéficiant d'importantes primes de victoires et de divers prix à l'arrivée. Les champions touchent en fin de mois cinquante fois le salaire d'un ouvrier. Le mythe des géants de la route vient de débuter, les premières collusions financières avec, soit tous les ingrédients qui dans l'avenir laisseront planer un doute sur notre discipline.
- Si la demande se fait sentir, nous aurons l'occasion d'évoquer encore la suite des pages glorieuses du club doyen du Périgord, dont les destinés seront reprises en 1921 par Charles Lacombe(15) puis par Monsieur Marchet. Un entre-deux guerres difficile à gérer certes, avec la multiplication des clubs dans la ville, qui susciteront une rivalité. Mais c'est grâce à M. Delcayrou en 1925, puis à René Leygues lors de la libération, que le Cyclo-Club Périgourdin retrouvera toute sa splendeur. Mais tout cela constitue une très longue histoire, qui mérite sans doute d'être racontée, pour une autre fois… En attendant, souhaitons un BON ANNIVERSAIRE à notre premier club CENTENAIRE(16) de notre Dordogne. Car si 1908 reste la date de fondation du club c'est tout simplement parce qu'elle a été de tout temps associée à l'arrivée de Petit-Breton, son créateur.
(15) il est entouré de quelques bons camarades comme Eyssartier, Monteil, Gaillard, Delcayrou et Papazzogli.
(16) même si les statuts du club n'ont été déposés qu'en 1911, c'est l'arrivée de Petit-Breton en 1908 à Périgueux qui a fait toujours référence. D'ailleurs en 1958, il est lu sur le journal "l'Athlète", la célébration du cinquantenaire fêté en février en présence de deux coureurs champions de France sous ses couleurs. L'ancien avec Paul Mazan, frère du prestigieux Lucien Mazan dit "Petit-Breton" et qui revêtit le maillot tricolore des amateurs à Amiens en 1908, en couvrant les 100 kilomètres en 3h 26' 05", puis l'actuel avec Valentin Huot, vainqueur du titre professionnel en 1957 à Châteaulin. A cette fête, M. Bargue, Président du Comité du Limousin a remis à Huot, la médaille d'Or de la FFC, rappelle le journal.
BIBLIOGRAPHIE
Roger Bastide, Petit-Breton, Editon Denoël, coll. "La belle époque du cyclisme", Paris, 1985
Périgord Magazine n° 215
Le Journal du Périgord n° 21 de juin 1994
Brigitte et Gilles Delluc, 2003 : Petit-Breton, un champion cycliste à Périgueux, "Bulletin de la Société. historique et archéologique du Périgord", Tome CXXX Pages de 365 à 372.
La fabuleuse histoire du cyclisme de Pierre Chany - Edtions ODIL - Paris 1982 - page 951
La photo : Les dirigeants du CC Périgourdin de l'entre deux guerres lors d'une épreuve sur les boulevards avec leur Président M. Delcayrou. Au fond et à droite, on reconnaît l'actuel Palais de Justice.
Roger Bastide, Petit-Breton, Editon Denoël, coll. "La belle époque du cyclisme", Paris, 1985
Périgord Magazine n° 215
Le Journal du Périgord n° 21 de juin 1994
Brigitte et Gilles Delluc, 2003 : Petit-Breton, un champion cycliste à Périgueux, "Bulletin de la Société. historique et archéologique du Périgord", Tome CXXX Pages de 365 à 372.
La fabuleuse histoire du cyclisme de Pierre Chany - Edtions ODIL - Paris 1982 - page 951
La photo : Les dirigeants du CC Périgourdin de l'entre deux guerres lors d'une épreuve sur les boulevards avec leur Président M. Delcayrou. Au fond et à droite, on reconnaît l'actuel Palais de Justice.
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