Bordeaux-Saintes ... Sommaire  



Bordeaux-Saintes ... un peu d'histoire : celui de 1956  

Il y a 50 ans, comme si vous y étiez ...


Bordeaux-Saintes ... un peu d'histoire : celui de 1956
Les débuts...

Fondée en 1933 par le VC Saintais, la classique Bordeaux-Saintes a longtemps servi de révélateur pour sonner l'ouverture de la saison cycliste dans notre Sud-Ouest. Fruit du labeur et de l'initiative, l'extraordinaire réussite de ce ville à ville constitue une victoire sportive du régionalisme que cette course incarne. Depuis 1933, Bordeaux-Saintes poursuit sa longue chevauchée, avec ses joies, ses peines, ses illusions, ses drames. Pour "Photovélo" et pour tous les fans de ce cyclisme d'antan, Bernard Peccabin, vous fait revivre l'édition 1956, celle qui s'est déroulée il y a cinquante ans déjà… Au travers d'articles de presse repris, vous n'aurez aucune peine à faire un parallèle entre ce cyclisme d'après guerre et celui d'aujourd'hui … Certes, il s'agit toujours de pédaler, d'aller de l'avant, d'être le plus rapide, pour rallier Saintes en vainqueur. Les distances des parcours qui se sont succédés, ont évolué. Nous avons vu des Bordeaux-Saintes de 150 kms, d'autres de 190 kms… selon les années…

Aujourd'hui ...
- Bordeaux-Saintes n'est plus aujourd'hui la course d'ouverture qu'elle fut jadis. En 1956, il faut savoir qu'elle prenait de plus une dimension particulière. Tous les anciens se souviennent du terrible mois de février (jusqu'à moins 30 degrés en France) de cette année. Tellement froid, que les coureurs ne pouvaient même pas s'entraîner, y compris sur la Côte d'Azur. C'est dire toute l'importance de ce Bordeaux-Saintes que vous allez vivre sur les textes qui suivent, avec des coureurs en manque de préparation évidente, mais dont la volonté restait intacte. Le VC Saintais effectuait lors de cet événement une démonstration absolument éblouissante de sa puissance, du talent qu'il avait de rassembler sous son égide un lot unique de coureurs, tant par leur nombre que par leurs titres et de faire accourir à ces époques lointaines sur le parcours, une foule inimaginable de sportifs avides de les voir à l'œuvre et parfaitement instruits par la qualité et la régularité de la course. Oui Bordeaux-Saintes nous réserve toujours une bataille magnifique et en particulier sur les pentes de la Saintonge, où se prennent les grandes décisions, à moins que de courageux de s'y prendre autrement….

Bordeaux-Saintes revêt toujours sa parure magnifique. Celle qui nous fait voir la foule, les coureurs, la campagne fleurie, soit autant d'arguments pour dire adieu à la mauvaise saison, saluer le retour du printemps et celui des compétitions cyclistes.

- Cette classique qui va de plus en plus vite, prendra on le sait un sérieux virage le 12 mars prochain lors de sa 68° édition, puisqu'elle servira ce jour-là de support pour la Coupe de France des clubs de Division Nationale. En attendant, revenons à l'édition d'il y a 50 ans, déjà… une de celles qui se terminaient sur le légendaire vélodrome de Bellevue, aujourd'hui désormais remplacé par le cours national.



Article avant course de Charles BIDON  


A Saintes (17) l'arrivée
A Saintes (17) l'arrivée
ORGANISE PAR LE VELO-CLUB SAINTAIS,

LE XVIII° BORDEAUX-SAINTES

SERA DIMANCHE LE RENDEZ-VOUS

DES ROUTIERS-SPRINTERS ET DES ROULEURS
(par Charles Bidon)


- Le 18° Bordeaux-Saintes, va ouvrir dans la région le cycle des grandes classiques du Sud-Ouest, à large participation. Au Vélo-Club Saintais, on s'est beaucoup préoccupé de la préparation de cette routière si réputée. On s'est penché avec sollicitude sur son organisation, devant les difficultés de l'heure, on a hoché la tête, puis après des semaines de labeur, on a pu affirmer. Bordeaux-Saintes est une compétition vraiment sportive, un véritable critérium. A ce titre, sa réussite fut toujours assurée dans ces conditions. Fondée en 1933, elle fêtera dimanche 25 mars 1956, sur son itinéraire habituel, les 23 années de son existence.

- Une date exigée. Bordeaux-Saintes, doit en effet, fidèle au rôle qu'elle a toujours rempli, coïncider avec l'ouverture de la saison.

- Digne de cette ouverture, la course vivra magnifiquement. Elle sera une véritable débauche de sport. Celui d'une école qui dans nos régions, cultive et dose les forces, accumule les énergies, fait surgir les valeurs.

- Nous allons retrouver au contrôle des allées de Tourny à Bordeaux, puis au départ des Quatre-Pavillons, l'élite des routiers régionaux issus de cette école et en plus des interrégionaux opposés à cette retentissante épreuve du calendrier du Poitou.

- Dans le nombre, les hommes neufs, les jeunes pleins d'ambition y abonderont essayant de renverser les situations acquises.



LA PHYSIONOMIE DE L'EPREUVE  


André Darrigade (1951)
André Darrigade (1951)
- Bordeaux-Saintes, par son parcours relativement court – André Darrigade ne l'a-t-il pas gagné en 1951 – est une course extra rapide, aussi épreuve de prédilection des routiers sprinters. Il est certain d'ailleurs, que nous en retrouverons un bon nombre dimanche dans le peloton.

- Et c'est là la caractéristique première de l'épreuve que de nous présenter des hommes vites, alors que cependant certains obstacles rendent par endroits son itinéraire difficile.

- En effet, il n'est point douteux que les points stratégiques ne manquent pas. Après l'entrée en matière des Quatre-Pavillons, à Libourne, où les offensives peuvent être rapidement stoppées, les plus importants de ces points doivent être ensuite les sinuosités précédant Montguyon, puis les bosses situées avant Montendre. Opposition classique sur ces rampes répétées des rouleurs attaquants et des attentistes sprinters.

- L'influence enfin de la fameuse côte des dames à Pons et surtout celle des vingt derniers kilomètres vallonnés, peut être primordiale. C'est en effet sur la série des petits raidillons précédant Saintes, que la course s'est souvent jouée, amenant sur le vélodrome de Bellevue, un coureur seul en tête, tel l'an dernier avec Jean Dacquay.



LES PREMIERS ENGAGES  


ean Dacquay et Jacques Lemaître interviewés par Robert Monlong (1955)
ean Dacquay et Jacques Lemaître interviewés par Robert Monlong (1955)
- La signification de l'épreuve précisée, la physionomie qu'elle peut avoir étant brossée à larges traits, il nous reste à étudier le lot des concurrents, même si nous ne l'avons pas en son entier. Les engagements ne devant être clos que le mercredi minuit à Saintes. Si nous nous livrons à cette étude, elle ne signifierait pas grand chose.

- Toutefois nous sommes en mesure de citer parmi les coureurs déjà inscrits, des hommes d'une valeur certaine, tels Maurice Bertrand, Jean Deloche, Daniel Dihars, Joseph Cigano, Pierre Mancicidor, tous licenciés à Bordeaux. Les hommes de la jeune Pédale Saintaise : Jacques Lemaître, James Darodes, André Trochut, Jacques Pigeon, Guy Lebeau. Ceux du Vélo-Club Saintais : Gérard Barraud, Pierre Bourdin, Paul Aubin, Michel Friou, ensuite Pierre Beuffeuil du VC Saujon, Jean-Paul Marcel et Albert Fournier du SCO Rochelais, Firmin Bastres et Raoul Vivensang du VC Hendayais, Gonzalès-Martinez et Roger Verdon du Haut-Quercy-Saint-Céré, René Jousset de la Pédale de Saumur, coureur réputé en Anjou, vainqueur notamment l'an dernier à Saint-Georges du Layon, à Montilliers, à Mazé, etc….



LUTTE INDIVIDUELLE ET PAR EQUIPES  


- Bataille sévère dans ce Bordeaux-Saintes parce que la victoire dans une épreuve de cette classe a dû travailler les esprits. Bien des concurrents auront non seulement le souci de la victoire individuelle, mais aussi par équipe. Le challenge Javic, magnifique trophée dont les réglements ont été publiés stimulera l'ardeur de tous. Et à ce propos, ceux licenciés dans l'une des deux Charentes auront encore d'autres préoccupations. La coupe Tournier-Sports et la rente René Salomon, dont Bordeaux-Saintes va ouvrir le palmarès 1956, enfin la coupe Fulmen, destinée à être attribuée à titre définitif au club charentais dont les trois coureurs seront les mieux placés à l'arrivée.

- Lutte sévère, avons-nous dit, mais indécise, difficile, parce que sans nul doute possible, les circonstances, les intempéries que nous avons subies début février, n'ont permis à aucun des concurrents d'acquérir la préparation habituelle. Il est infiniment vraisemblable que dans ces conditions, les fugues ne pourront se développer dimanche avec autant de tolérance que l'an dernier, et que par la mise en compétition des coupes précitées, le jeu d'équipes tendra surtout à les éviter et à amener ensuite les hommes rapides à l'arrivée.

- A cet égard, un coureur de classe isolé n'ayant pas cette préoccupation, pourrait à la rigueur faire la loi. Mais de toute façon, nous aurons une belle course, un magnifique Bordeaux-Saintes digne des dix-sept précédentes éditions.




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