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Bernard PECCABIN
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Rétrospective Cadets
Un dimanche de coureur Cadet années 60, c'était ça !
Le temps passé nous laisse toujours des souvenirs et une certaine nostalgie sur cette époque certes difficile, mais si bien vécue. Rappel en quelques lignes sur ce que j'ai lu et sur ce qui se passait un dimanche de course dans les familles qui amenaient le fiston courir.
Cadets en course
La course du dimanche va être une grande fête de famille, où l'on retrouve de nombreux amis du monde du vélo, mais une grande fête qui transforme totalement les habitudes acquises par le passé.
Le dimanche matin, toute la famille est fébrile et se prépare. L'épreuve a lieu généralement l'après-midi vers quatorze heures trente ou quinze heures.
La matinée est consacrée à la préparation de la valise. Il faut ne pas oublier : un maillot (au couleur du club ou de la marque équipant le vélo), un collant (noir, uni, descendant à mi-cuisse, avec une peau de chamois talquée à l'intérieur), des bretelles, un maillot de corps, une paire de socquettes blanches unies, des chaussures cyclistes noires (ne pas oublier de les cirer ou de leur donner un coup de brosse - vérifier l'état des cales dessous, tenant le pied à la pédale), un casque en cuir (obligatoire pour les cadets et les minimes et souvent utilisé par tous, surtout lorsqu'il y a beaucoup d'engagés, en début de saison, quelque fois plus de deux cents et que la course risque d'être casse-gueule), des gants de course (qui laissent les doigts libres pour freiner), un survêtement et pour l'après course : de l'eau de Cologne, du Perrier ou du Vichy, un gant de toilette, une serviette éponge, des vêtements chauds, des chaussures de sport ou des chaussons.
Ne pas oublier sa licence (celle qu'on a prise en début d'année au club), la liste des engagés (découpée dans le journal de la veille), le porte-monnaie (avec de la monnaie pour prendre les dossards). Par temps froid : un collant long, un pull pour mettre sous le maillot, des gants de laine, une pommade chauffante (genre Algipan). Par temps chaud : une casquette. Par temps pluvieux : de l'huile camphrée pour mettre sur les jambes, etc ...
La valise est prête. Il faut maintenant préparer les bidons, la nourriture qu'on va prendre durant la course. Les anciens coureurs de plus de vingt ans font ça rapidement : du pain d'épice, un peu de raisins secs, des fruits, une banane.
Les jeunes s'intéressent à la diététique et font confiance à l'alimentation liquide comme Vivanco et les produits Vitagermine. En supplément on prépare quelquefois un autre bidon (de thé par exemple sucré ou dextrose) et toujours on emmène (pour mettre dans les poches du maillot) des fruits secs l'hiver (abricots, pruneaux, raisins), des fruits frais l'été (banane, poire, pêche), du sucre (roux de préférence car directement assimilable) ou du dextrose.
Grâce aux courses cyclistes le thé, les pamplemousses, les fruits secs, les règles diététiques entrent ici pour la première fois, dans la famille des coureurs. Mélangeant savoir oral du vieux routier, de l'ancien compagnon, du père, ancien coureur, et règles organisées, scientifiques, diffusées par le système sportif à travers stages et livres, le coureur adolescent apprend à connaître ce qu'il faut faire ou ne pas faire, apprend à connaître physiologiquement, cherche à utiliser judicieusement le concret offert, en vue de bien se préparer pour la course.
La valise et les bidons sont prêts. Il faut s'occuper du vélo maintenant, le bichonner si on ne l'a pas fait la veille. Gonfler les boyaux (avec une pompe pour voiture afin d'avoir un meilleur gonflage). Maintenant il ne reste plus qu'à accrocher le vélo sur la voiture (décrocher la roue avant pour ne pas fausser la fourche), glisser dans la voiture un boyau de rechange, une pompe à vélo, éventuellement une roue de rechange et si on est minutieux : un cale-pied, une trousse à outils ... Le sport cycliste est un sport appareillé, profondément inscrit dans la culture technique populaire.
On n'a généralement pas le temps de s'ennuyer le dimanche matin, dans les heures précédant le départ de la course. Les coureurs sont souvent nerveux. On s'est levé un peu plus tard que d'habitude, vers huit heures et demie, neuf heures (ou à l'inverse, énervés, on se lève très tôt, ne pouvant dormir), on a pris un petit déjeuner léger et préparé les affaires de courses (valise, bidons, vélo).
La plupart du temps le coureur ne prépare pas ses affaires, seul. L'adolescent se fait aider par sa mère pour préparer soit les bidons, soit la valise, par son père pour gonfler et monter le vélo. C'est souvent un va et vient fébrile de la chambre où l'on prépare les bidons ou au garage où l'on s'occupe du vélo. Chambre, cuisine, garage. Et beaucoup de familles, comme ici, ont plusieurs coureurs ce qui multiplie les allées et venues.
En plus de la liste, chacun a son petit truc un peu secret : mettre un fil de laine à la cheville pour ne pas avoir de crampes, saler les bidons quand il fait chaud ; pour les anciens : prendre un peu de Byrrh avec un jaune d'œuf (à préparer dans une topette) pour avoir un coup de fouet bienvenu durant la course....
Le dimanche matin, toute la famille est fébrile et se prépare. L'épreuve a lieu généralement l'après-midi vers quatorze heures trente ou quinze heures.
La matinée est consacrée à la préparation de la valise. Il faut ne pas oublier : un maillot (au couleur du club ou de la marque équipant le vélo), un collant (noir, uni, descendant à mi-cuisse, avec une peau de chamois talquée à l'intérieur), des bretelles, un maillot de corps, une paire de socquettes blanches unies, des chaussures cyclistes noires (ne pas oublier de les cirer ou de leur donner un coup de brosse - vérifier l'état des cales dessous, tenant le pied à la pédale), un casque en cuir (obligatoire pour les cadets et les minimes et souvent utilisé par tous, surtout lorsqu'il y a beaucoup d'engagés, en début de saison, quelque fois plus de deux cents et que la course risque d'être casse-gueule), des gants de course (qui laissent les doigts libres pour freiner), un survêtement et pour l'après course : de l'eau de Cologne, du Perrier ou du Vichy, un gant de toilette, une serviette éponge, des vêtements chauds, des chaussures de sport ou des chaussons.
Ne pas oublier sa licence (celle qu'on a prise en début d'année au club), la liste des engagés (découpée dans le journal de la veille), le porte-monnaie (avec de la monnaie pour prendre les dossards). Par temps froid : un collant long, un pull pour mettre sous le maillot, des gants de laine, une pommade chauffante (genre Algipan). Par temps chaud : une casquette. Par temps pluvieux : de l'huile camphrée pour mettre sur les jambes, etc ...
La valise est prête. Il faut maintenant préparer les bidons, la nourriture qu'on va prendre durant la course. Les anciens coureurs de plus de vingt ans font ça rapidement : du pain d'épice, un peu de raisins secs, des fruits, une banane.
Les jeunes s'intéressent à la diététique et font confiance à l'alimentation liquide comme Vivanco et les produits Vitagermine. En supplément on prépare quelquefois un autre bidon (de thé par exemple sucré ou dextrose) et toujours on emmène (pour mettre dans les poches du maillot) des fruits secs l'hiver (abricots, pruneaux, raisins), des fruits frais l'été (banane, poire, pêche), du sucre (roux de préférence car directement assimilable) ou du dextrose.
Grâce aux courses cyclistes le thé, les pamplemousses, les fruits secs, les règles diététiques entrent ici pour la première fois, dans la famille des coureurs. Mélangeant savoir oral du vieux routier, de l'ancien compagnon, du père, ancien coureur, et règles organisées, scientifiques, diffusées par le système sportif à travers stages et livres, le coureur adolescent apprend à connaître ce qu'il faut faire ou ne pas faire, apprend à connaître physiologiquement, cherche à utiliser judicieusement le concret offert, en vue de bien se préparer pour la course.
La valise et les bidons sont prêts. Il faut s'occuper du vélo maintenant, le bichonner si on ne l'a pas fait la veille. Gonfler les boyaux (avec une pompe pour voiture afin d'avoir un meilleur gonflage). Maintenant il ne reste plus qu'à accrocher le vélo sur la voiture (décrocher la roue avant pour ne pas fausser la fourche), glisser dans la voiture un boyau de rechange, une pompe à vélo, éventuellement une roue de rechange et si on est minutieux : un cale-pied, une trousse à outils ... Le sport cycliste est un sport appareillé, profondément inscrit dans la culture technique populaire.
On n'a généralement pas le temps de s'ennuyer le dimanche matin, dans les heures précédant le départ de la course. Les coureurs sont souvent nerveux. On s'est levé un peu plus tard que d'habitude, vers huit heures et demie, neuf heures (ou à l'inverse, énervés, on se lève très tôt, ne pouvant dormir), on a pris un petit déjeuner léger et préparé les affaires de courses (valise, bidons, vélo).
La plupart du temps le coureur ne prépare pas ses affaires, seul. L'adolescent se fait aider par sa mère pour préparer soit les bidons, soit la valise, par son père pour gonfler et monter le vélo. C'est souvent un va et vient fébrile de la chambre où l'on prépare les bidons ou au garage où l'on s'occupe du vélo. Chambre, cuisine, garage. Et beaucoup de familles, comme ici, ont plusieurs coureurs ce qui multiplie les allées et venues.
En plus de la liste, chacun a son petit truc un peu secret : mettre un fil de laine à la cheville pour ne pas avoir de crampes, saler les bidons quand il fait chaud ; pour les anciens : prendre un peu de Byrrh avec un jaune d'œuf (à préparer dans une topette) pour avoir un coup de fouet bienvenu durant la course....
La diététique pointe son nez
Tout est prêt. Le coureur énervé peut chercher à se reposer un peu, se relaxer ; mais il lui faut déjà penser à manger.
Car le repas de midi est décalé. Il est une théorie divulguée dans les livres des moniteurs nationaux de la FFC, qui est respectée par la quasi-totalité des coureurs. C'est celle-ci : il est nécessaire d'avoir fini de manger au moins trois heures avant le départ de la course.
Comme les départs ont lieu le dimanche en tout début d'après-midi, il est nécessaire pour le coureur de manger vers onze heures.
Les plus jeunes, tenant compte de ce qu'ils ont appris dans les livres techniques, veulent un menu léger du type : carottes râpées, poulet, nouilles, fruit ou yaourt. Cela vers onze heures. Les parents mangent ensuite (ou quelquefois en même temps qu'eux, souvent le même menu), rapidement.
Les vieux coureurs de plus de vingt ans sont moins stricts au repas de midi (pris néanmoins trois heures avant la course). Ils peuvent manger du beefsteak avec de la sauce par exemple. Chercher en quelque sorte à concilier les habitudes populaires du dimanche midi avec les règles diététiques nécessaires pour la pratique compétitive.
Souvent, sitôt le repas terminé, il faut partir au départ de la course, distante la plupart du temps de trente à cinquante kilomètres. On part en voiture. Les adolescents avec leurs parents (père, mère, frères et sœurs), les anciens avec leur femme et leurs enfants.
On s'en va de bonne heure pour ne pas être en retard. Une heure avant la course la quasi-totalité des engagés est arrivée. Beaucoup de jeunes durant le trajet et jusqu'à la demi-heure précédant le départ, prennent une ration d'attente composée de jus d'orange mélangé avec du thé, pris par petites doses chaque demi-heure.
Sur le lieu de la course, la grande famille cycliste se retrouve. En arrivant, on se gare où l'on peut dans le village en fête (enfin à l'heure qu'il est, il n'y a pas encore d'ambiance). Pas trop près du bal, ni de la fête foraine (après la course, c'est bondé et il est difficile de partir). Près du circuit et de la ligne d'arrivée (les anciens connaissent, ça fait déjà quatre ou cinq fois qu'ils courent là). Ca y est : on retrouve des gars connus. Des clubs de Périgueux et des alentours, et même d'Angoulême, Limoges, Montmoreau, Saint-Junien, Thiviers, Saint-Yrieix ... qui se sont engagés eux-aussi en début de semaine auprès de leurs clubs respectifs et se retrouvent au départ. Les coureurs retrouvent les coureurs. Les pères des coureurs retrouvent les pères des coureurs. Les femmes les femmes. Les enfants les enfants. Les sœurs des coureurs les copains de leur frère ... (Beaucoup de mères et d'enfants suivent leurs fils ou frères à la course du dimanche tantôt). On donne beaucoup de poignées de main (salut, alors en forme ?).
On décroche le vélo du toit de la voiture. On vérifie le matériel une dernière fois (les câbles de frein). Les anciens le font eux-mêmes, les pères des jeunes adolescents, souvent anciens coureurs, comme ici, se font une joie de s'affairer ainsi auprès du vélo. Quelquefois des enfants ou des hommes du bourg viennent les regarder et discuter avec eux.
C'est maintenant l'heure du compte à rebours avant le départ. Assis dans la voiture, le coureur s'habille (collant, maillot, chaussettes blanches, chaussures noires, survêtement). Il n'y a jamais de vestiaire, chaque coureur s'habille, se prépare dans sa voiture. Beaucoup se sont déjà préparés chez eux. On va chercher son dossard en vélo (où sont les dossards ?) dans un café ou une salle des fêtes où les dirigeants du club organisateur se tiennent derrière une table, vérifient les licences et font payer deux ou trois francs le dossard avant de le donner (il y a souvent la queue, nouvelles poignées de mains, alors en forme ? bof on verra ça tout à l'heure).
On retourne à la voiture pour se faire accrocher son dossard (qui est-ce qui veut m'accrocher mon dossard ?) dans le dos en bas du maillot, avec quatre épingles de nourrice (à droite, mais quelquefois c'est à gauche). Le père, la mère, la femme du coureur s'acquittent de cette tâche (t'as le numéro tant). Souvent le père conseille son fiston (surveille machin, c'est lui le plus fort, reste pas en queue comme d'habitude, remonte). On prend la nourriture préparée le matin, on la met dans les poches dorsales du maillot (dans la poche de droite les sucres, de gauche les fruits, du milieu les fruits secs et la topette), on prend le bidon dans la voiture pour le mettre au porte bidon du vélo.
Il reste un peu plus d'une demi-heure avant le départ. Il faut s'échauffer. Presque tous les coureurs se sont déjà massés eux-mêmes (odeur caractéristique) les jambes, à l'embrocation siamoise ou au musclor (le sens des massages doit toujours remonter vers le cœur). Et tout le monde, même les anciens, va maintenant s'échauffer et reconnaître le circuit (la ligne d'arrivée) près du bourg. Certains sont seuls et s'échauffent à vive allure (les plus forts); d'autres sont en petits groupes et s'échauffent en discutant, toujours en vélo, de la course de dimanche dernier, de machin, où c'est truc qui gagne, ou de tel ou tel gars présent ici et qui marche à tout casser, qui plane, du parcours qui va être dur, y a une bosse, c'est un vrai mur. On profite de l'échauffement pour essayer son dérailleur et son double plateau (il faut que tout marche de façon impeccable) et trouver "un petit coin" dans la campagne proche (l'angoisse, ça travaille !).
Puis cinq à dix minutes avant l'heure prévue, on se rapproche de la ligne de départ. On donne un survêtement à son père, sa mère ou sa femme. Et on attend, soit en tournant par-ci par-là en vélo, soit en discutant, appuyés sur son vélo, avec d'autres coureurs ou parents, amis.
Des coups de sifflet retentissent. Les dirigeants du club organisateur invitent les coureurs à se rassembler sur la ligne de départ, afin de procéder à l'appel. Numéro un : Durand, présent. Numéro deux : Fonteneau, ouais ... Quand l'appel est terminé, on énumère le nombre et le montant des primes qui vont être distribuées le long du parcours (à tel tour, à tel endroit, tant). Quelquefois, il y a un speaker avec haut-parleur qui procède à l'appel qui va animer le bourg durant la course. On rappelle le nombre de tours. Ce que tout le monde connaît. Généralement la course passe une dizaine de fois dans la commune.
Le départ a souvent un côté bon enfant, familial. Le bourg n'est pas encore très animé et seuls les passionnés de vélo, les officiels et les parents sont là.
Car le repas de midi est décalé. Il est une théorie divulguée dans les livres des moniteurs nationaux de la FFC, qui est respectée par la quasi-totalité des coureurs. C'est celle-ci : il est nécessaire d'avoir fini de manger au moins trois heures avant le départ de la course.
Comme les départs ont lieu le dimanche en tout début d'après-midi, il est nécessaire pour le coureur de manger vers onze heures.
Les plus jeunes, tenant compte de ce qu'ils ont appris dans les livres techniques, veulent un menu léger du type : carottes râpées, poulet, nouilles, fruit ou yaourt. Cela vers onze heures. Les parents mangent ensuite (ou quelquefois en même temps qu'eux, souvent le même menu), rapidement.
Les vieux coureurs de plus de vingt ans sont moins stricts au repas de midi (pris néanmoins trois heures avant la course). Ils peuvent manger du beefsteak avec de la sauce par exemple. Chercher en quelque sorte à concilier les habitudes populaires du dimanche midi avec les règles diététiques nécessaires pour la pratique compétitive.
Souvent, sitôt le repas terminé, il faut partir au départ de la course, distante la plupart du temps de trente à cinquante kilomètres. On part en voiture. Les adolescents avec leurs parents (père, mère, frères et sœurs), les anciens avec leur femme et leurs enfants.
On s'en va de bonne heure pour ne pas être en retard. Une heure avant la course la quasi-totalité des engagés est arrivée. Beaucoup de jeunes durant le trajet et jusqu'à la demi-heure précédant le départ, prennent une ration d'attente composée de jus d'orange mélangé avec du thé, pris par petites doses chaque demi-heure.
Sur le lieu de la course, la grande famille cycliste se retrouve. En arrivant, on se gare où l'on peut dans le village en fête (enfin à l'heure qu'il est, il n'y a pas encore d'ambiance). Pas trop près du bal, ni de la fête foraine (après la course, c'est bondé et il est difficile de partir). Près du circuit et de la ligne d'arrivée (les anciens connaissent, ça fait déjà quatre ou cinq fois qu'ils courent là). Ca y est : on retrouve des gars connus. Des clubs de Périgueux et des alentours, et même d'Angoulême, Limoges, Montmoreau, Saint-Junien, Thiviers, Saint-Yrieix ... qui se sont engagés eux-aussi en début de semaine auprès de leurs clubs respectifs et se retrouvent au départ. Les coureurs retrouvent les coureurs. Les pères des coureurs retrouvent les pères des coureurs. Les femmes les femmes. Les enfants les enfants. Les sœurs des coureurs les copains de leur frère ... (Beaucoup de mères et d'enfants suivent leurs fils ou frères à la course du dimanche tantôt). On donne beaucoup de poignées de main (salut, alors en forme ?).
On décroche le vélo du toit de la voiture. On vérifie le matériel une dernière fois (les câbles de frein). Les anciens le font eux-mêmes, les pères des jeunes adolescents, souvent anciens coureurs, comme ici, se font une joie de s'affairer ainsi auprès du vélo. Quelquefois des enfants ou des hommes du bourg viennent les regarder et discuter avec eux.
C'est maintenant l'heure du compte à rebours avant le départ. Assis dans la voiture, le coureur s'habille (collant, maillot, chaussettes blanches, chaussures noires, survêtement). Il n'y a jamais de vestiaire, chaque coureur s'habille, se prépare dans sa voiture. Beaucoup se sont déjà préparés chez eux. On va chercher son dossard en vélo (où sont les dossards ?) dans un café ou une salle des fêtes où les dirigeants du club organisateur se tiennent derrière une table, vérifient les licences et font payer deux ou trois francs le dossard avant de le donner (il y a souvent la queue, nouvelles poignées de mains, alors en forme ? bof on verra ça tout à l'heure).
On retourne à la voiture pour se faire accrocher son dossard (qui est-ce qui veut m'accrocher mon dossard ?) dans le dos en bas du maillot, avec quatre épingles de nourrice (à droite, mais quelquefois c'est à gauche). Le père, la mère, la femme du coureur s'acquittent de cette tâche (t'as le numéro tant). Souvent le père conseille son fiston (surveille machin, c'est lui le plus fort, reste pas en queue comme d'habitude, remonte). On prend la nourriture préparée le matin, on la met dans les poches dorsales du maillot (dans la poche de droite les sucres, de gauche les fruits, du milieu les fruits secs et la topette), on prend le bidon dans la voiture pour le mettre au porte bidon du vélo.
Il reste un peu plus d'une demi-heure avant le départ. Il faut s'échauffer. Presque tous les coureurs se sont déjà massés eux-mêmes (odeur caractéristique) les jambes, à l'embrocation siamoise ou au musclor (le sens des massages doit toujours remonter vers le cœur). Et tout le monde, même les anciens, va maintenant s'échauffer et reconnaître le circuit (la ligne d'arrivée) près du bourg. Certains sont seuls et s'échauffent à vive allure (les plus forts); d'autres sont en petits groupes et s'échauffent en discutant, toujours en vélo, de la course de dimanche dernier, de machin, où c'est truc qui gagne, ou de tel ou tel gars présent ici et qui marche à tout casser, qui plane, du parcours qui va être dur, y a une bosse, c'est un vrai mur. On profite de l'échauffement pour essayer son dérailleur et son double plateau (il faut que tout marche de façon impeccable) et trouver "un petit coin" dans la campagne proche (l'angoisse, ça travaille !).
Puis cinq à dix minutes avant l'heure prévue, on se rapproche de la ligne de départ. On donne un survêtement à son père, sa mère ou sa femme. Et on attend, soit en tournant par-ci par-là en vélo, soit en discutant, appuyés sur son vélo, avec d'autres coureurs ou parents, amis.
Des coups de sifflet retentissent. Les dirigeants du club organisateur invitent les coureurs à se rassembler sur la ligne de départ, afin de procéder à l'appel. Numéro un : Durand, présent. Numéro deux : Fonteneau, ouais ... Quand l'appel est terminé, on énumère le nombre et le montant des primes qui vont être distribuées le long du parcours (à tel tour, à tel endroit, tant). Quelquefois, il y a un speaker avec haut-parleur qui procède à l'appel qui va animer le bourg durant la course. On rappelle le nombre de tours. Ce que tout le monde connaît. Généralement la course passe une dizaine de fois dans la commune.
Le départ a souvent un côté bon enfant, familial. Le bourg n'est pas encore très animé et seuls les passionnés de vélo, les officiels et les parents sont là.
Déroulement de l'épreuve
Cadets aux départ
Nous voilà à l'heure du départ. Tous égaux, semble-t-il, sur la même ligne. Avec la même espérance, celle de la victoire. Pour le coureur, le dimanche, jour de la course, est le grand jour de la petite espérance.
Le départ est donné. Le maire de la commune ou un officiel va baisser le drapeau. Des coups de sifflet. La voiture qui ouvre la route est déjà loin devant. On entend le haut-parleur qui diffuse des airs d'accordéon (les coureurs les entendront pendant toute la course). Tout le peloton est déjà parti à fond la caisse et a disparu.
Les parents des coureurs restent dans le bourg en fête. Certains habitants de la commune sont déjà sortis sur le pas de leur porte voir passer les coureurs. C'est gratuit. On va au café (quelques pères de coureurs s'y retrouvent), beaucoup de femmes et d'enfants de coureurs vont marcher, s'il fait beau, à pied le long du circuit. Sur la route, dans la campagne.
Les coureurs sont des catalyseurs sociaux. Des jeunes arrivent des communes environnantes, en vélomoteur ou en bagnole. Par bandes, pour aller au bal ou à la fête foraine. A la fête foraine, quand on a quatorze, quinze ans. Au bal, quand on a seize, dix-sept, dix-huit, dix-neuf ans ou qu'on revient de l'armée, après la quille. Y a du monde dans le bourg comme on dit.
La course qui passe dans la commune, environ toutes les dix ou quinze minutes, anime et donne l'ambiance tout l'après-midi.
Au bout d'un ou deux passages dans le bourg, déjà les coureurs lâchés abandonnent. Ils vont se changer dans leur auto (c'est vachement dur ... il y a eu une cassure, j'ai jamais pu boucher ... j'ai pris une pelle). La course continue. D'abord la voiture haut-parleur tonitruante, un groupe d'échappés (est-ce la bonne ?), le peloton qui roule serré et des petits groupes de lâchés qui descendent peu à peu à chaque tour. Puis l'attente entre chaque passage. On discute par petits groupes.
Voici le dernier tour. L'ambiance monte. On se rassemble près de la ligne d'arrivée. Il y a du monde. Derrière les cordes ou les barrières. Tous les parents des coureurs (quelquefois des grands parents, des oncles, tantes et cousins viennent), les coureurs qui ont abandonné (en survêtement, voire en pantoufles comme chez eux), les mordus du vélo de la région venus voir la course : public d'initiés connaissent bien les gars qui marchent, leurs places des derniers dimanches. Et les gens du bourg qui ne connaissent guère le nom des coureurs et viennent là comme chaque année, à l'arrivée de la course de la fête, de l'assemblée de la commune.
La voiture ouvreuse arrive. Voiture publicitaire, haut-parleur hurlant. Tous phares allumés, en klaxonnant. (Arrivée groupée, les échappés ont été rejoints). La foule, les parents sont tous énervés. Le peloton est en vue. Il prend toute la route. Des coups de sifflet. Pour faire reculer les gens. Beaucoup de mères, de femmes de coureurs, ne regardent pas le sprint (elles se retournent). Elles ont trop peur, trop habituées aux spectaculaires et dangereuses chutes en plein sprint.
Ca y est : dans un souffle, ils sont arrivés. C'est encore machin qui gagne. Sa troisième victoire de la saison. Les parents accourent vers leur protégé, en sueur et esquinté, qui avec un haut de survêtement, qui avec un Perrier ou un Vichy (englouti cul sec tellement la soif est vive). Les vainqueurs sont déjà en train de recevoir leurs gerbes (ils embrassent la reine et les demoiselles d'honneur du bourg, leur donnent une fleur de la gerbe qu'elles leur remettent). Les journalistes prennent la photo traditionnelle (tout le monde pose) qui paraîtra demain dans le journal local. Encore une de faite. On essayera de faire mieux dimanche prochain (j'ai été gêné au sprint. J'ai mal viré au dernier virage).
Il faut aller voir le classement. Voir si les dirigeants m'ont vu (je fais dix, ils m'ont classé treize). On va se changer dans l'auto. Se frictionner à l'eau de Cologne. On va chercher ses primes éventuellement, remettre son dossard (certains clubs remboursent le dossard après l'arrivée). Discuter de la course avec les copains du club ou tel ou tel mec côtoyé durant la course, en prenant un Orangina ou autre au café. Café bondé, plein de fêtards plus ou moins éméchés.
C'est fini et on est crevé. On rentre vite chez soi en voiture. Une heure après la course, la plupart des coureurs sont déjà repartis chez eux. Pour se doucher, se reposer. Au repas du soir, aucun coureur ne prendra de viande. Il est nécessaire de désintoxiquer l'organisme après tous les efforts qu'il a produit. Pourtant certains jeunes se retrouvent le dimanche soir et sortent, au cinéma par exemple, leur seule sortie de la semaine. Mais les jeunes qui marchent le mieux, qui sont les plus sérieux, restent sagement chez eux à se reposer. Les anciens, eux, regardent la télé en famille.
Demain l'école ou le travail. Ca va tirer dans les pattes. On achètera le journal pour connaître les résultats et voir le compte-rendu des journalistes sur la course. Et dès le mardi, on recommencera l'entraînement pour essayer d'améliorer ses chances pour la course du dimanche suivant. Pour continuer à espérer à sa façon dans les victoires futures.
Le départ est donné. Le maire de la commune ou un officiel va baisser le drapeau. Des coups de sifflet. La voiture qui ouvre la route est déjà loin devant. On entend le haut-parleur qui diffuse des airs d'accordéon (les coureurs les entendront pendant toute la course). Tout le peloton est déjà parti à fond la caisse et a disparu.
Les parents des coureurs restent dans le bourg en fête. Certains habitants de la commune sont déjà sortis sur le pas de leur porte voir passer les coureurs. C'est gratuit. On va au café (quelques pères de coureurs s'y retrouvent), beaucoup de femmes et d'enfants de coureurs vont marcher, s'il fait beau, à pied le long du circuit. Sur la route, dans la campagne.
Les coureurs sont des catalyseurs sociaux. Des jeunes arrivent des communes environnantes, en vélomoteur ou en bagnole. Par bandes, pour aller au bal ou à la fête foraine. A la fête foraine, quand on a quatorze, quinze ans. Au bal, quand on a seize, dix-sept, dix-huit, dix-neuf ans ou qu'on revient de l'armée, après la quille. Y a du monde dans le bourg comme on dit.
La course qui passe dans la commune, environ toutes les dix ou quinze minutes, anime et donne l'ambiance tout l'après-midi.
Au bout d'un ou deux passages dans le bourg, déjà les coureurs lâchés abandonnent. Ils vont se changer dans leur auto (c'est vachement dur ... il y a eu une cassure, j'ai jamais pu boucher ... j'ai pris une pelle). La course continue. D'abord la voiture haut-parleur tonitruante, un groupe d'échappés (est-ce la bonne ?), le peloton qui roule serré et des petits groupes de lâchés qui descendent peu à peu à chaque tour. Puis l'attente entre chaque passage. On discute par petits groupes.
Voici le dernier tour. L'ambiance monte. On se rassemble près de la ligne d'arrivée. Il y a du monde. Derrière les cordes ou les barrières. Tous les parents des coureurs (quelquefois des grands parents, des oncles, tantes et cousins viennent), les coureurs qui ont abandonné (en survêtement, voire en pantoufles comme chez eux), les mordus du vélo de la région venus voir la course : public d'initiés connaissent bien les gars qui marchent, leurs places des derniers dimanches. Et les gens du bourg qui ne connaissent guère le nom des coureurs et viennent là comme chaque année, à l'arrivée de la course de la fête, de l'assemblée de la commune.
La voiture ouvreuse arrive. Voiture publicitaire, haut-parleur hurlant. Tous phares allumés, en klaxonnant. (Arrivée groupée, les échappés ont été rejoints). La foule, les parents sont tous énervés. Le peloton est en vue. Il prend toute la route. Des coups de sifflet. Pour faire reculer les gens. Beaucoup de mères, de femmes de coureurs, ne regardent pas le sprint (elles se retournent). Elles ont trop peur, trop habituées aux spectaculaires et dangereuses chutes en plein sprint.
Ca y est : dans un souffle, ils sont arrivés. C'est encore machin qui gagne. Sa troisième victoire de la saison. Les parents accourent vers leur protégé, en sueur et esquinté, qui avec un haut de survêtement, qui avec un Perrier ou un Vichy (englouti cul sec tellement la soif est vive). Les vainqueurs sont déjà en train de recevoir leurs gerbes (ils embrassent la reine et les demoiselles d'honneur du bourg, leur donnent une fleur de la gerbe qu'elles leur remettent). Les journalistes prennent la photo traditionnelle (tout le monde pose) qui paraîtra demain dans le journal local. Encore une de faite. On essayera de faire mieux dimanche prochain (j'ai été gêné au sprint. J'ai mal viré au dernier virage).
Il faut aller voir le classement. Voir si les dirigeants m'ont vu (je fais dix, ils m'ont classé treize). On va se changer dans l'auto. Se frictionner à l'eau de Cologne. On va chercher ses primes éventuellement, remettre son dossard (certains clubs remboursent le dossard après l'arrivée). Discuter de la course avec les copains du club ou tel ou tel mec côtoyé durant la course, en prenant un Orangina ou autre au café. Café bondé, plein de fêtards plus ou moins éméchés.
C'est fini et on est crevé. On rentre vite chez soi en voiture. Une heure après la course, la plupart des coureurs sont déjà repartis chez eux. Pour se doucher, se reposer. Au repas du soir, aucun coureur ne prendra de viande. Il est nécessaire de désintoxiquer l'organisme après tous les efforts qu'il a produit. Pourtant certains jeunes se retrouvent le dimanche soir et sortent, au cinéma par exemple, leur seule sortie de la semaine. Mais les jeunes qui marchent le mieux, qui sont les plus sérieux, restent sagement chez eux à se reposer. Les anciens, eux, regardent la télé en famille.
Demain l'école ou le travail. Ca va tirer dans les pattes. On achètera le journal pour connaître les résultats et voir le compte-rendu des journalistes sur la course. Et dès le mardi, on recommencera l'entraînement pour essayer d'améliorer ses chances pour la course du dimanche suivant. Pour continuer à espérer à sa façon dans les victoires futures.
Le vélo, vecteur social
Cadets Pédale Faidherbe ... une époque !
Oui, pour résumer, la course du dimanche transforme totalement les habitudes populaires héritées du passé.
Habitudes alimentaires : plus de bons repas du dimanche midi, plus de sauces, de bons petits plats mijotés, bien arrosés. La diététique entre dans les valeurs familiales.
Habitudes de sortie : plus de sorties chez les cousins et les oncles (on est toujours parti, on n'a plus le temps d'aller vous voir. Faudrait qu'on mette un dimanche, cet hiver, quand il y aura plus les courses) pas de sorties adolescentes le samedi soir pour rire, danser et flirter.
La course du dimanche apparaît comme une fête du vélo, fête familiale et rurale à la fois. Fête familiale d'abord : grâce aux voitures individuelles qui ont peu à peu remplacé le transport collectif (organisé par chaque club dans les années 1950) pour se rendre sur les lieux de la course. Fête rurale ensuite : se déroulant de plus en plus hors des grosses agglomérations, dans les bourgs, lors des fêtes locales traditionnelles (la circulation automobile rejette les courses cyclistes hors des villes). Deux temps de fête qui se complètent.
Les adolescents, aux pratiques acétiques, comme ici François et Paul, issus d'une famille d'ouvriers ruraux, vont être des jeunes qui cherchent à se séparer de leur milieu, qui cherchent à percer, à sortir. Qui refusent les contraintes de l'école, de l'usine, les contraintes de la misère, en rêvant de devenir coureurs cyclistes professionnels. Ils vont utiliser le vélo, avec toutes leurs forces, pour s'exprimer à l'intérieur du système imposé par le sport. Le Tour de France est un fantastique modèle exemplaire qui hante la mémoire collective de tout un peuple.
Pour ces adolescents, le monde est coupé en deux : le monde réel, profane pourrions-nous dire (le monde de la misère, du travail à l'usine) et le monde séparé, sacré (le temps de la fête, temps libéré de la contrainte, temps de la réactualisation du modèle exemplaire) à conquérir par le vélo, vitesse du pauvre et avec les pratiques ascétiques que l'on s'impose. Cette maîtrise morale et valorisée par les parents ; elle représente pour eux une façon de garder les jeunes dans une ambiance perçue comme "saine" (hors des bandes chahuteuses et des soirées trop arrosées ...) au moment des années récréatives de l'adolescence.
Habitudes alimentaires : plus de bons repas du dimanche midi, plus de sauces, de bons petits plats mijotés, bien arrosés. La diététique entre dans les valeurs familiales.
Habitudes de sortie : plus de sorties chez les cousins et les oncles (on est toujours parti, on n'a plus le temps d'aller vous voir. Faudrait qu'on mette un dimanche, cet hiver, quand il y aura plus les courses) pas de sorties adolescentes le samedi soir pour rire, danser et flirter.
La course du dimanche apparaît comme une fête du vélo, fête familiale et rurale à la fois. Fête familiale d'abord : grâce aux voitures individuelles qui ont peu à peu remplacé le transport collectif (organisé par chaque club dans les années 1950) pour se rendre sur les lieux de la course. Fête rurale ensuite : se déroulant de plus en plus hors des grosses agglomérations, dans les bourgs, lors des fêtes locales traditionnelles (la circulation automobile rejette les courses cyclistes hors des villes). Deux temps de fête qui se complètent.
Les adolescents, aux pratiques acétiques, comme ici François et Paul, issus d'une famille d'ouvriers ruraux, vont être des jeunes qui cherchent à se séparer de leur milieu, qui cherchent à percer, à sortir. Qui refusent les contraintes de l'école, de l'usine, les contraintes de la misère, en rêvant de devenir coureurs cyclistes professionnels. Ils vont utiliser le vélo, avec toutes leurs forces, pour s'exprimer à l'intérieur du système imposé par le sport. Le Tour de France est un fantastique modèle exemplaire qui hante la mémoire collective de tout un peuple.
Pour ces adolescents, le monde est coupé en deux : le monde réel, profane pourrions-nous dire (le monde de la misère, du travail à l'usine) et le monde séparé, sacré (le temps de la fête, temps libéré de la contrainte, temps de la réactualisation du modèle exemplaire) à conquérir par le vélo, vitesse du pauvre et avec les pratiques ascétiques que l'on s'impose. Cette maîtrise morale et valorisée par les parents ; elle représente pour eux une façon de garder les jeunes dans une ambiance perçue comme "saine" (hors des bandes chahuteuses et des soirées trop arrosées ...) au moment des années récréatives de l'adolescence.
alain cessat
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